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  la CNSA change de président en pleine crise

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L’ancien préfet Francis Idrac devrait prendre la présidence de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

Les recettes de la CNSA sont affectées par la crise. Le gouvernement critique sa gestion des budgets pour les maisons de retraite.

Enfin un président à la tête de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie ! Vacant depuis six mois, le poste sera pourvu le 20 octobre. Le conseil d’administration de cette caisse, qui gère les 18 milliards d’euros de la protection sociale destinés aux personnes âgées et handicapées, élira son président parmi 3 personnalités qui viennent d’être désignées par le gouvernement. C’est Francis Idrac qui devrait être choisi, pour un mandat de trois ans. Ancien préfet, époux de la secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, cet énarque de soixante-trois ans a été nommé il y a quelques mois inspecteur des finances en service extraordinaire.

Francis Idrac arrive à un moment critique pour cette institution. Les moins-values de CSG et de contribution solidarité autonomie provoquées par la crise l’ont forcé à réduire son budget par deux fois cette année. En conséquence, les fonds transférés aux conseils généraux pour financer l’allocation (APA) à destination du 1,1 million de personnes âgées dépendantes sont moins élevés que prévu, et les départements doivent prendre le relais. Pour la première fois, leur participation devrait même dépasser 70 % cette année. « C’est inadmissible, les départements sont déjà en difficulté financière », critique Bernard Cazeau, président socialiste du Conseil général de Dordogne et membre du conseil de la CNSA. Il demande à l’Etat de compenser le manque à gagner.

Excédents de trésorerie

La façon même dont la Caisse gère ses budgets fait l’objet de vives critiques. A Bercy, on juge inadmissible que la CNSA ne parvienne pas à dépenser l’intégralité des crédits qui financent les créations de places dans les maisons de retraite (note AFG : ou autres établissements, en particulier les établissements et services pour autistes). Et qu’elle se retrouve en conséquence à la tête d’excédents de trésorerie, un comble en cette période de déficits abyssaux. Du coup, une partie des crédits non consommés sont gelés - 150 millions d’euros en 2009 -, ce qui réduit d’autant l’enveloppe budgétaire de l’année suivante. A la CNSA, on justifie ces excédents par les délais d’ouverture des maisons de retraite. « Entre l’autorisation et l’ouverture d’un établissement, il peut se passer deux ans ou plus, pendant lesquels les crédits sont ouverts mais non consommés », explique Laurent Vachey, directeur de la Caisse. Les acteurs du secteur médico-social dénoncent un tour de passe-passe budgétaire, et craignent que les crédits gelés ne soient pas réinjectés dans le circuit à terme. Au gouvernement, on rétorque que cela ne remet pas en question les programmes de créations de places en établissement : il y en aura 7.500 l’an prochain.

Autre dossier sur lequel Francis Idrac devra se pencher, la mise en place du « 5e risque » de protection sociale, celui de la prise en charge de la dépendance. Cette promesse de campagne de Nicolas Sarkozy tarde à se concrétiser, et les acteurs du secteur s’impatientent. Le ministre des Affaires sociales, Xavier Darcos, veut lancer un débat public sur le sujet et espère présenter un projet de loi l’an prochain. Le contexte financier n’augure pas d’un projet ambitieux.

Source : VINCENT COLLEN, Les Echos