La Croix consacre un article à une étude du Pr Simon Baron-Cohen, professeur de psychopathologie du développement, et du centre de recherches sur l’autisme de l’université de Cambridge (Grande- Bretagne), qui, selon The Guardian, « confirme le rôle joué par la testostérone dans certaines caractéristiques associées » à l’autisme.
Le journal explique que ce travail « a consisté à suivre, de la naissance à l’âge de 8 ans, 235 enfants dont les mères avaient eu une amniocentèse au cours de la grossesse. Les chercheurs avaient alors mesuré le taux de testostérone ».
« Ils se sont aperçus que les enfants chez qui l’on avait retrouvé des taux élevés présentaient des traits de personnalité associés à l’autisme », observe La Croix.
Le quotidien relève ainsi qu’« à l’âge de 4 ans, ces enfants se sont révélés moins sociables que les autres, avec des centres d’intérêt plus limités ».
Le journal cite un des chercheurs, qui précise toutefois que « cela ne permet pas [...] d’envisager un test de diagnostic ou de dépistage précoce de l’autisme ».
De son côté, le Pr Catherine Barthélémy, pédopsychiatre dans l’unité Imagerie et cerveau (Inserm-Université de Tours), remarque que « l’intérêt de ces travaux est de montrer que le neuro-développement est sous influence croisée de divers facteurs génétiques et de l’environnement hormonal ».
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De Source AFP LONDRES (©AFP / 12 janvier 2009 18h46)
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Un niveau élevé de testostérone, la principale hormone sexuelle mâle, dans le liquide amniotique d’une femme expose le foetus à un risque d’apparition de troubles autistiques pendant l’enfance, selon une étude britannique publiée lundi.
Le Centre de recherche sur l’autisme de l’Université de Cambridge a établi que l’apparition de caractéristiques autistiques chez des enfants jusqu’à dix ans après leur naissance était liée à des "niveaux élevés de testostérone dans le liquide amniotique", selon un communiqué de cet institut.
Les chercheurs ont mesuré la quantité de cette hormone sexuelle mâle dans le liquide amniotique de 235 femmes enceintes ayant subi une amniocentèse pendant leur grossesse et ont demandé à ces mères de remplir des questionnaires permettant d’identifier des caractéristiques autistiques chez leurs enfants alors âgés entre 6 et 10 ans.
"L’étude met en évidence pour la première fois le lien entre la testostérone foetale et les caractéristiques autistiques, et montre que la testostérone foetale ne fait pas que masculiniser le corps mais elle masculinise également l’esprit et donc le cerveau" du foetus, a déclaré le professeur Simon Baron-Cohen, cité dans le communiqué.
Il a néanmoins précisé que cette étude, publiée dans le British Journal of Psychology, ne permettait pas de conclure à l’existence d’un lien entre le niveau de testostérone et un diagnostic clinique d’autisme ou de syndrome d’Asperger, car cela nécessiterait un échantillon de plusieurs milliers de personnes.
Selon lui, le fait que le foetus mâle produise "en moyenne deux fois plus de testostérone que le foetus féminin" pourrait expliquer que des troubles autistiques se manifestent davantage chez les garçons.
Un niveau élevé de testostérone foetale avait déjà été associé à un développement du langage plus lent, des difficultés avec les autres enfants ou des problèmes d’empathie.
La nouvelle étude va plus loin en démontrant un lien entre la présence élevée de l’hormone sexuelle mâle dans l’utérus et des problèmes de sociabilité et d’imagination, mais aussi une bonne capacité d’attention et de mémoire pour les détails.