Comme les années précédentes, l’inspection générale de l’Éducation nationale
(IGEN) et l’inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale
et de la Recherche (IGAENR) publient un rapport annuel commun, reflétant
la complémentarité de leurs approches et la réalité de leur collaboration,
entretenue par de nombreuses missions conjointes.
En 2008-2009, la majeure partie de ces missions ont eu pour objet
les dispositifs éducatifs et pédagogiques mis récemment en place pour assurer
une meilleure égalité des chances entre les jeunes. Les uns, comme les
réseaux ambition réussite, ont pour but de soutenir l’ensemble des élèves
issus de territoires défavorisés ou, comme les internats d’excellence, les
classes préparatoires à l’enseignement supérieur, les dispositifs dits de la
« deuxième chance », seulement certains d’entre eux. D’autres concernent
des publics scolaires qui présentent des besoins particuliers en raison de
difficultés majeures, susceptibles de compromettre leur accès au service
public d’éducation : élèves en situation de handicap, élèves nouvellement
arrivés en France, enfants de famille gitane, mineurs détenus ou placés en
centres éducatifs fermés ou jeunes majeurs incarcérés.
Tous ces dispositifs ont fait l’objet de missions d’études qui ont été
parfois menées en collaboration avec les corps d’inspection d’autres ministères,
comme l’inspection générale de l’administration, celle des affaires sociales
ou celle des services judiciaires. Leurs structures et leur fonctionnement ont
été analysés. Des préconisations ont été formulées quant à leur pilotage,
leur contenu ou leur animation pédagogique, la formation de ceux qui les
font vivre. Aussi avons-nous jugé utile, à un moment où l’on s’interroge
sur la capacité de l’Éducation nationale d’assurer la réussite de chacun, de
présenter la synthèse de ces travaux et de lui consacrer la partie réservée à
l’enseignement scolaire de ce rapport 2009.
Ce choix nous a paru d’autant plus pertinent que les dispositifs étudiés,
au-delà de leur apparence disparate, participent d’une même approche, nouvelle
dans le paysage scolaire français et à laquelle il est convenu aujourd’hui
de donner, après les Anglo-Saxons, le nom d’« inclusion » : il s’agit de transformer
les systèmes éducatifs et les écoles afin de les rendre capables de
répondre à la variété des besoins d’apprentissage des élèves et à la diversité
des publics accueillis. Dans cette optique, ce n’est plus l’élève ou le groupe
d’élèves qui doit s’adapter à l’école et à l’enseignement disponibles, ce sont
les écoles et l’enseignement qui s’ajustent aux besoins de chaque élève, quelles que soient les différences dues à l’origine sociale et culturelle ou aux caractéristiques individuels que sont les motivations, les capacités et les rythmes d’apprentissage.
Durant la même période, le paysage universitaire a, lui aussi, connu
d’importants changements. En effet, la loi du 10 août 2007 relative aux libertés
et responsabilités des universités, dite « LRU », a permis aux universités
d’inscrire leurs activités dans une autonomie accrue. Dans cette perspective,
chaque établissement d’enseignement supérieur, candidat à l’accession
aux « responsabilités et compétences élargies » a pu, à sa propre demande,
bénéficier d’un audit lui permettant d’évaluer son aptitude à l’exercice des
nouvelles dispositions offertes par la loi.
Afin d’accompagner la mise en oeuvre de telles dispositions, la ministre
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a chargé l’inspection générale
de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche de réaliser un
audit dans chaque université candidate afin d’évaluer son degré de préparation
à la prise en charge de nouvelles responsabilités et de lui proposer un plan
d’action pour l’aider à conduire les changements nécessaires.
Trente-cinq audits ont ainsi été réalisés dès l’année universitaire 2007-
2008 et trente-cinq autres en 2008-2009. Vingt universités ont été retenues
pour accéder à l’autonomie le 1er janvier 2009 et trente-neuf autres universités
ou établissements d’enseignement supérieur à compter du 1er janvier 2010.
Par là même, d’importantes informations sur les modes de fonctionnement
des universités ont pu être recueillies. Ce travail sans précédent, qui doit
se prolonger jusqu’en 2011, souligne l’inscription de la loi LRU dans la
démarche de modernisation de l’État et permet d’en dégager les enjeux et
leurs conséquences sur les modèles d’organisation des établissements universitaires
engagés sur la voie de l’autonomie. Il a également permis de relier
certains profils types d’universités, définis par des modes d’organisation
dominants, avec les exigences d’adaptation induites par le contexte d’une
autonomie accrue. Nous nous devions donc de lui accorder toute sa place
dans ce rapport annuel.
Si elle s’est pleinement investie dans le domaine de l’enseignement
supérieur, l’IGAENR n’a pas pour autant délaissé celui de la recherche. Au
cours de l’année 2009, les travaux qu’elle lui a consacrés ont porté principalement
sur quatre sujets : les réseaux thématiques de recherche avancée
et les centres thématiques de recherche et de soins (RTRA/CTRS) ; les
instituts Carnot ; les incubateurs d’entreprises de technologies innovantes ;
la fonction d’expertise scientifique et technique. Sans effectuer un résumé
exhaustif de ces travaux, nous avons surtout voulu souligner ce qui les réunit
et mettre notamment l’accent sur deux thèmes importants de la structuration
du système national de recherche et d’innovation : celui des alliances et de
la coopération à l’intérieur du système, d’une part, celui des enjeux économiques
des coopérations, d’autre part. Nous avons souhaité aussi montrer de
quelle façon les travaux de l’IGAENR prenaient place dans les grands débats
actuels, comme notamment celui des relations entre la science et la société.
Comment parfaire et compléter les actions visant à maintenir ou à
mieux accueillir dans la sphère éducative des élèves qui, du fait de handicaps
ou de difficultés majeures, risqueraient de s’en trouver exclus ou d’y
être mal intégrés ? Comment accompagner les universités qui souhaitent
acquérir davantage de libertés et de responsabilités ? Comment apporter
une contribution utile aux débats d’orientation sur la politique nationale
de recherche et éclairer les responsables qui en ont la charge ? Telles sont
les trois questions majeures auxquelles entend répondre ce rapport 2009.
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