Comme nous vous en parlions le 1er décembre sur l’article dont voici le lien :
Conclusions attendues de Cécile GALLEZ : état des lieux et bilan de l’accueil des autistes en Belgique
son rapport a été rendu public aujourd’hui.
La secrétaire
d’État, Valérie Létard, veut un accord-cadre avec Bruxelles.
« C’est le premier devoir d’un pays que de pouvoir héberger ses ressortissants, a
fortiori les plus fragiles, et il n’est pas admissible de les voir partir par défaut de
place en France. » C’est le constat de la députée du Nord Cécile Gallez, qui remet aujourd’hui (vendredi 13 février 2009) un rapport sur la situation des personnes handicapées, contraintes à
l’exil en Belgique faute de structures adaptées dans l’Hexagone.
Ils seraient environ 6 500 adultes et enfants handicapés à séjourner là-bas pour
ce problème de places, mais aussi parce que la qualité de la prise en charge
serait meilleure, avec un taux d’encadrement plus important, une approche du
handicap différente, et un coût moins élevé. Concernées aussi, mais dans une
moindre mesure, 1 575 personnes âgées résideraient outre-Quiévrain dans
106 établissements. En majorité originaires du Nord-Pas-de-Calais (68 %), il
faut cependant noter que ces pensionnaires viennent aussi de 48 autres
départements français, parfois même des Dom-Tom, l’Ile-de-France étant la
deuxième région concernée. Cet exode frontalier a déjà été dénoncé par
plusieurs rapports comme celui de l’Igas et du député de la Loire Jean-François
Chossy. Alors pourquoi un énième rapport ? Parce qu’« on observe une
progression du nombre de placements de l’ordre de 2 à 4 % par an depuis dix
ans », relève Cécile Gallet, mais aussi « pour passer à la vitesse supérieure »,
justifie Valérie Létard, secrétaire d’État chargé des Solidarités qui a commandé le
rapport. Réactualisé, il ne se contente pas d’être un état des lieux
« administratif », comme le souligne Cécile Gallez, mais identifie les
dysfonctionnements et préconise des « solutions concrètes ».
Une des nouveautés est de mettre en lumière « l’urgence » d’une collaboration
transfrontalière, jusque-là négligée par la France. « Il est fort regrettable que les
autorités françaises n’aient pas répondu aux nombreuses sollicitations de la
Belgique », condamne à plusieurs reprises le rapport. Une surdité qui ne devrait
plus être qu’un mauvais souvenir puisque, dans les mesures qu’elle retiendra du
rapport, Valérie Létard veut mettre en oeuvre ce partenariat qu’elle juge « plus
que nécessaire ». « Nous allons mettre au point un accord-cadre avec la Belgique
pour favoriser les échanges de données et de bonnes pratiques, afin de mieux
connaître le public accueilli là-bas, et pour coordonner les inspections et les
contrôles des établissements au-delà de la frontière, explique la secrétaire
d’État. Autrement dit, c’est un échange constructif, où chacun s’apporte des
outils pour avancer. »
Mettre en place un partenariat
Pour autant, la carence de places en France ne sera pas occultée. « En plus des
38 500 nouvelles places créées depuis 2005, nous poursuivons les efforts, dit-elle.
Il y en aura 50 000 autres d’ici à sept ans, soit 1,45 milliard d’euros, et le
plan d’urgence engagé depuis trois ans dans le Nord-Pas-de-Calais va continuer,
ce qui représente 6 millions d’euros et 200 places supplémentaires. » En outre,
2 millions d’euros seront débloqués en 2009. « Rendez-vous compte, résume
Valérie Létard, l’effort des pouvoirs publics en direction du handicap a augmenté
de 6 milliards en quatre ans, sa part dans le PIB étant de 1,9 % et de 6,6 %
dans la protection sociale, ce n’est pas rien ! »
»
Source de l’article : Le Figaro.fr
Dans le doxument pdf joint : L’intégralité du rapport Gallez.
Rapport de Cécile GALLEZ sur l’exil en Belgique
Rapport hébergement des personnes handicapées en Belgique de novembre 2008
La réaction de la presse Belge :
Les personnes âgées et handicapées mieux « dorlotées » chez nous
(13/02/2009)
L’afflux depuis plusieurs années de Français handicapés ou dépendants en Belgique s’explique certes par le manque de places en France mais aussi par un accueil plus individualisé et pragmatique, surtout pour les polyhandicapés et autistes.
Quelques 1.600 personnes âgées étaient en 2005 hébergées en Wallonie.
Aujourd’hui, 6.500 personnes handicapées le sont, indique la députée du Nord de la France, Cécile Gallet, qui regrette le manque de données statistiques fiables.
Les familles ont recours à la Belgique par manque de places en France, où la proportion pour l’accueil des personnes âgées est de 8,4 lits pour 1.000 habitants, contre 13 à 14 lits en Wallonie, dit-elle.
Il en est de même pour les handicapés. Mais "même s’il y avait un nombre de places suffisant, certaines familles préféreraient continuer à traverser la France pour trouver un établissement répondant à leurs attentes pour leurs enfants".
Les structures belges accueillant des personnes âgées sont plus petites (moyenne de 46 lits contre 60 en France), avec un aspect "plus convivial et plus chaleureux", a constaté la députée.
Pour les handicapés, c’est une "plus grande souplesse des établissements, la forte implication des familles, l’accompagnement très pragmatique, le personnel d’encadrement plus polyvalent", un "savoir-faire belge".
La députée dénonce notamment le "scandale" en France des personnes handicapées, notamment autistes, hospitalisées en psychiatrie alors qu’elles devraient être en structure médico-sociale.
La députée préconise une coopération accrue entre les deux pays et l’amélioration des structures d’accueil en France.
La députée dénonce notamment le "scandale" en France des personnes handicapées, notamment autistes, hospitalisées en psychiatrie alors qu’elles devraient être en structure médico-sociale.
La députée préconise une coopération accrue entre les deux pays et l’amélioration des structures d’accueil en France.
Le Vif.be
Voici une dépêche AFP du 13 février 2009 :
Handicapés, personnes âgées : les Français en Belgique pour l’accueil et le "savoir-faire"
PARIS (AFP) - L’afflux depuis plusieurs années de Français handicapés ou dépendants en Belgique s’explique par le manque de places en France, mais aussi par un accueil plus individualisé et "chaleureux", surtout pour les polyhandicapés et autistes, selon un rapport rendu public vendredi.
Quelque 1.600 personnes âgées seraient hébergées en Wallonie et 6.500 personnes handicapés, dont près de 3.000 enfants accueillis dans l’enseignement spécialisé belge, rappelle la députée du Nord Cécile Gallez, qui a remis son rapport vendredi à Lille à la secrétaire d’Etat à la Solidarité Valérie Létard.
Le manque de places en France, notamment pour les personnes atteintes de polyhandicap et d’autisme, pousse les familles, et pas seulement celles des régions frontalières, à se tourner vers la Belgique.
En France, les places en établissement pour personnes âgées n’ont augmenté que de 1% par an de 1996 à 2005, alors que le pourcentage de personnes âgées de plus de 75 ans croît de 3% chaque année, rappelle la députée, notant cependant une amélioration de l’effort public ces dernières années.
La capacité d’accueil des personnes âgées en France, dit-elle, est de 8,4 lits pour 1.000 habitants, contre 13 à 14 lits en Wallonie.
Dans le Nord seul, 800 adultes polyhandicapés sont en attente de solution.
La députée dénonce notamment le "scandale" en France des personnes qui souffrent de troubles du comportement et d’autisme, hospitalisées en psychiatrie alors qu’elles devraient être en structure médico-sociale. Leur nombre s’élève, selon le rapport, à 250 dans le Nord, soit 17% de la population hospitalisée en psychiatrie. A l’échelle nationale, ce pourcentage pourrait être de l’ordre de 30%.
Cependant, "même s’il y avait un nombre de places suffisant, certaines familles préféreraient continuer à traverser la France pour trouver un établissement répondant à leurs attentes", affirme Cécile Gallez.
Les structures belges accueillant des personnes âgées sont plus petites (moyenne de 46 lits contre 60 en France), avec un aspect "plus convivial et plus chaleureux".
Pour les handicapés, c’est une "plus grande souplesse des établissements, la forte implication des familles, l’accompagnement très pragmatique, le personnel d’encadrement plus polyvalent", "un savoir-faire belge" qui attire les Français.
Les personnes handicapées, notamment les enfants, ne viennent que pour moitié du Nord, l’Ile-de-France étant la deuxième région concernée.
A l’Arboretum, par exemple, établissement conçu pour l’accueil d’adultes autistes lourds, on compte 45 postes d’encadrement, dont 25 éducateurs pour 30 adultes de 20 à 42 ans, tous Français, "un taux idéal".
Cécile Gallez insiste sur les difficultés rencontrées par les parents d’enfants autistes en France : détection tardive du trouble, approche psychanalytique et médicale au détriment de l’approche éducative, insuffisance des places d’accueil.
Mais plutôt qu’une "politique de rapatriement" en France, qui implique la création de 25 à 30 Ehpad (maisons de retraite), la députée prône la coopération et l’amélioration de l’accueil en France.
Valérie Létard a retenu ces propositions et annoncé vendredi la future conclusion d’un accord-cadre entre la France et la Belgique, des procédures administratives facilitées pour les Français pris en charge en Belgique, et le renforcement de l’offre d’accueil en France, notamment dans le Nord (1.200 places nouvelles en 2009).