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  PECS

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Picture Exchange Communication System (PECS)

Système d’échange d’images pour communiquer.

Le Docteur Bondy et Lori Frost sont les fondateurs de la méthode PECS. Le Docteur Bondy est Président de Pyramid Educational Consultants USA. Il est reconnu comme expert et novateur dans le domaine de l’autisme et de l’ABA. Il est le co-auteur du manuel d’apprentissage deuxième édition à la méthode PECS et a également rédigé « The Pyramid Approach to Education », un manuel d’apprentissage offrant une orientation complète sur l’efficacité du développement des environnements éducatifs. Cet ouvrage associe l’analyse du comportement appliquée avec les activités fonctionnelles et les stratégies de communication. Le Docteur Bondy a présenté de nombreuses études scientifiques concernant l’analyse du comportement appliquée, le PECS et le Système Pyramidal de l’Education, lors de congrès et d’ateliers aux Etats-Unis et à l’international. Lori Frost, co-créatrice de la méthode PECS et orthophoniste, est diplômée de l’Université d’Arkansas et de Caroline du Nord.

Julie Tuil dirige la filiale française de PECS. Elle a reçu sa qualification avec la mention d’excellence en tant qu’orthophoniste en Grande-Bretagne en 1978. Julie Tuil est diplômée en tant que consultante et formatrice de la méthode PECS, qu’elle a utilisée avec de nombreux enfants français et leurs familles, en cabinet, au domicile des enfants et dans les écoles. Elle a également formé du personnel hospitalier et a présenté la méthode PECS et le Système Pyramidal de l’Education dans de nombreuses conférences concernant l’autisme.

Lorsque l’enfant n’acquiert pas le langage verbal, ou que ce langage n’est pas efficient, souvent en écholalie et peu performant en terme de réelle communication, il faut lui proposer des moyens alternatifs et augmentatifs de la communication si l’on veut lui donner les outils nécessaires à une réelle progression.

Dans l’autisme, ce sont toutes les facettes de la communication qui sont atteintes, mais pas forcemment de façon homogène.

Andrew Bondy et Lori Frost (Delaware US) ont développé un outil de communication appelé PECS. Cet outil et sa méthode consiste pour l’enfant à remettre à son interlocuteur l’image de l’objet qu’il désire obtenir en échange.

À la différence des autres méthodes de communication alternative, le PECS permet à l’enfant d’apprendre à initier lui-même une communication avec autrui. Le temps nécessaire à cet apprentissage est extrêmement court. De plus, le coût est extrêmement bas, en raison de la possibilité de créer soi-même le matériel, composé de photos ou pictogrammes, selon la compréhension du sujet.

Le PECS a été validé dès 18 mois, et peut être amorcé à tout âge de la vie.

Toutes nos structures médico-sociales d’AFG utilisent cet outil, mais exclusivement. Il n’est pas une fin en soit mais il permet d’inctaller une vrai communication qui peut rapidement se complexifier en fonction de l’évolution de la personne autiste et de ses capacités à se l’approprier.

Le rôle de nos professionnels est aussi de transmettre aux parents et à l’entourage, le mode d’utilisation de cet outil fantastique qui a une performence certaine.

Julie TUIL organise et présente des ateliers PECS en anglais et en français. voir le site PECS

Pour les personnes autistes qui ont la capacité d’imiter correctement nous avons aussi la possibilité de développer le MAKATON.


L’autisme a la parole

Samuel était un garçon très renfermé, il longeait les murs et tournait en rond. Il s’est ouvert grâce au système de communication PECS amenée par une éducatrice spécalisée de l’association Désir d’A.I.L.E.S. Quant à Romane, sa jumelle, elle semble prête à prononcer quelques mots comme « pain » ou « DVD », ce qui représente une « révolution » pour sa maman. (photo guillaume bonnaud)

Lire aussi  » Désir d’A.I.L.E.S se veut partenaire des parents


Si ce n’est la clôture qui entoure la terrasse de la maison des Cazenave-Mahé et les innombrables images collées sur les murs du couloir, de la chambre, de la salle de bain et du séjour, rien ne laisse deviner, a priori, la présence de deux enfants autistes dans cette jolie maison néo-béarnaise.

À notre arrivée, Samuel serre sa maman dans ses bras, Romane court partout. Les petits cris poussés par les enfants, l’absence de réponse et l’impatience extrême éclairent un peu plus sur le handicap des deux jumeaux. Romane et Samuel sont tous les deux autistes. A 7 ans, ils ne parlent pas, Samuel ne sait pas mâcher et Romane ne mange que du croustillant. Ils portent tous les deux des couches.

Communication établie

Corinne sourit en regardant ses deux bambins. Cette jeune mère de famille, mariée à un agriculteur, dégage beaucoup d’énergie et de gaieté surtout depuis qu’elle peut communiquer avec ses jumeaux. « Qu’est-ce que tu veux Samuel ? » Samuel va chercher une bande de carton sur lequel il a collé deux images, une pour « Je veux » et l’autre qui représente un ordinateur. « Samuel, avant l’ordinateur, il faut travailler un petit peu. On va faire un puzzle et après tu regarderas l’ordinateur... » Le garçon s’exécute. Son regard parvient à se poser sur la pièce puis se décroche. Ses petits doigts ont un peu de mal à encastrer le morceau. Le puzzle de huit pièces est terminé. « Bravo Samuel, maintenant tu vas pouvoir regarder l’ordinateur ! »

Romane est elle aussi invitée à faire du graphisme puis à poser les lettres de son prénom sur l’ardoise. Elle chantonne, elle compte avec l’aide de l’éducatrice et de sa maman. Elle reste très vive. « C’est une enfant très bosseuse. Il faut l’occuper tout le temps comme son frère. »

La vie de Corinne et Serge Cazenave-Mahé a changé depuis leur rencontre avec Blandine Lembeye, éducatrice spécialisée, qui a mis en place avec eux la méthode Pecs. « Les troubles du comportement ont nettement diminué depuis que l’on peut communiquer », explique Corinne. Elle poursuit, radieuse. « Le PECS m’a aidé à capter le regard de mon fils. Entre les deux enfants, les rapports ont également changé. Ils se rencontrent de plus en plus et ont plus de contact avec moi. Ils ont compris qu’un calin, c’était un moment positif. »

« Il n’est jamais trop tard »

Corinne a accouché deux mois avant terme. Ce n’est que vers l’âge de 4 ans, après un passage par l’hôpital de jour où jamais le mot « autisme » ne lui a été prononcé que Corinne découvre le handicap de ses enfants. Un médecin de Bayonne lui donne le nom de Blandine et son horizon s’est éclairci. L’éducatrice a cheminé au rythme de la mère et des enfants.

Corinne va beaucoup mieux. « J’ai fait le deuil de l’enfant parfait. Je suis dans l’acceptation et suis d’un genre optimiste. J’ai la rage d’avoir perdu du temps mais comme dit Blandine, il n’est jamais trop tard. À présent, je veux rendre mes enfants autonomes. Je veux leur donner la possibilité de vivre et je ne veux pas avoir de regret. On y va à fond et je ne suis plus toute seule. On est ensemble. »

Créée en février 2008 par Marie-Christine Bouquet, mère d’un enfant autiste, basée à Escurès, et Blandine Lembeye, éducatrice spécialisée à Pau, l’association Désir d’A.I.L.E.S (aide et intervention aux loisirs et à l’éducation spécialisée) vient en soutien aux familles d’enfants autistes ou (et) atteints de troubles envahissants du développement (TED).

La vraie nouveauté de l’association réside cependant dans la mise en place et la prise en charge partielle des interventions menées à domicile auprès des enfants et des parents par des éducateurs spécialisés, des moniteurs éducateurs, des éducateurs sportifs spécialisés, des auxiliaires de vie et des bénévoles. Les responsables de l’association souhaitent également enrichir leur équipe - déjà constituée de huit professionnels - d’un psychologue même si Désir d’A.I.L.E.S travaille déjà en étroite collaboration avec Patrick Elouard, thérapeute à Oloron, spécialisé dans l’autisme.

L’idée est née dans la tête de la professionnelle, Blandine Lembeye, qui a trouvé un véritable écho chez une mère, Marie-Christine Bouquet. « Ce projet, je l’ai en moi depuis au moins vingt ans. Je savais qu’il y avait un besoin. Le placement en institution n’est pas forcément. Il y a un vrai travail de respect et d’écoute des parents. C’est un partenariat, un regard croisé, on est ensemble ».

La présidente de l’association, Marie-Christine Bouquet, n’a pas peur de bousculer les idées reçues et les habitudes. « Quand on me sort par la porte, je reviens par la fenêtre. Je suis tenace. Quand on monte les dossiers de prise en charge du handicap avec les familles, je les accompagne parfois et surtout, je leur dis de ne jamais lâcher le morceau ! »

Aidée par des partenaires privés, en attendant peut-être une habilitation de l’État, l’association a reçu le prix Béarn, catégorie « solidarité et qualité de vie », de la part de la fondation de la Banque populaire du Sud-Ouest.

Ses projets sont multiples à commencer par l’organisation d’un centre aéré pour les enfants cet été.

Désir d’A.I.L.E.S, 11, rue Tran à Pau. Tél. : 05 59 27 33 69. desir-dailes@hotmail.fr

Source Sud-Ouest avril 2009