Le gérant du « Bouche à oreille » a été condamné à payer une amende de 6.000 euros. En 2007, il avait accepté d’accueillir un groupe pour la Saint-Sylvestre, avant de se rétracter en apprenant que les personnes étaient handicapées.
En décembre 2007, le foyer Saint-Marceau d’Orléans prend contact avec le « Bouche à oreille », un restaurant de La Chapelle-Saint-Mesmin fraîchement rénové, pour réserver une table à l’occasion du réveillon de la Saint-Sylvestre.
Le gérant donne son accord pour accueillir vingt-cinq couverts et encaisse un premier chèque d’arrhes.
Quelques jours seulement avant le 31 décembre, il s’enquiert auprès d’une animatrice de la nature du groupe de convives qui doivent réveillonner. Et apprend qu’il s’agit de personnes souffrant de handicaps visuels et mentaux.
Le ton change immédiatement. À l’animatrice, le gérant tient des propos déplacés sur la difficulté à faire cohabiter, un soir de réveillon, des handicapés avec les autres clients.
L’affaire est révélée dans nos colonnes. Le pôle anti-discrimination mis en place par le parquet d’Orléans s’en empare aussitôt et ouvre une enquête.
Vendredi matin, devant le tribunal correctionnel, le gérant du « Bouche à oreille » comparaissait pour « discrimination à raison d’un handicap ».
Pas plus de dix couverts
Le prévenu, un homme de 46 ans, s’est défendu d’avoir sciemment refusé le groupe du foyer Saint-Marceau au seul motif qu’il était composé de handicapés.
Le restaurateur a fait valoir des arguments liés à la configuration des lieux et à son refus de dresser des tables de plus de dix couverts. Une explication qu’il s’était pourtant bien gardé de livrer lorsqu’il avait initialement donné son accord pour accueillir le groupe.
À son encontre, le procureur de la République réclamait 2.000 euros d’amende. Le tribunal s’est montré bien plus sévère en condamnant le restaurateur de La Chapelle à une amende de 6.000 euros.
Philippe Renaud
Source : La République du Centre