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  Les élèves "dys" ont enfin leur école à Paris

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En France, deux à trois enfants en moyenne par classe ont des besoins pédagogiques spécifiques. Dans de nombreux cas, ils rencontrent des troubles de l’apprentissage, comme la dyslexie ou la dyspraxie : on les appelle les « dys ».

Souvent marginalisés, ils sont généralement démotivés et en échec scolaire. Pourtant, ils pourraient suivre les cours normalement, pour peu qu’on leur en donne les moyens. C’est justement ce manque que l’école du Cerene - Centre de référence pour l’évaluation neuropsychologique de l’enfant - veut compenser. Cette école, la seule en France destinée aux « dys », a ouvert ses portes à la rentrée. Elle ne compte actuellement que deux classes, une CM1 et une 6e qui n’accueillent chacune que cinq enfants, de Paris et de banlieue. La salle des 6e dispose de tables hautes et de tabourets : on y travaille assis ou debout, une façon de faire face aux troubles attentionnels. Hervé Glasel, fondateur et directeur de l’établissement, en a eu l’idée il y a trois ans. Spécialiste en neuropsychologie, il recevait dans son cabinet des enfants rencontrant des difficultés d’écriture, de langage, de calcul... La plupart étaient suivis par des orthophonistes, mais ce soutien était insuffisant. Il a donc imaginé de réunir les compétences pédagogiques et paramédicales (orthophoniste, orthoptiste et ergothérapeute) et de les faire collaborer. Cinq matières sont enseignées au Cerene : les maths, le français, les SVT (sciences de la vie et de la terre), l’histoire-géo et l’anglais. Afin de réinsérer l’enfant dans le circuit de l’Education nationale avec le maximum de chances de réussite, toutes les technologies d’assistance (ordinateur, dictaphone...) sont utilisées. L’équipe pédagogique suit l’élève pour assurer la transition avec le collège classique.

Les journées sont partagées entre des heures de cours et d’autres de tutorat pendant lesquelles les enfants bénéficient de séances paramédicales. Elles permettent pendant ce temps aux professeurs de s’occuper individuellement des autres. « Tout est oral, ce qui change beaucoup de choses, explique Magalie Carpentier, professeur de maths et de SVT. Pendant un cours classique, en cas de besoin, on donne un devoir écrit pour calmer les élèves. Ici il faut d’autres moyens... C’est une vraie différence. » Bien que les intervenants parlent quotidiennement des enfants, un point spécifique est fait sur chacun d’eux toutes les six semaines. Une classe de CM2 et une de 5e ouvriront à la rentrée prochaine, l’objectif étant de créer, à terme, un CE1, un CE2 et un CP afin de « s’attaquer » au problème le plus en amont possible.

Malgré le prix (950 € sur dix mois), la demande est forte.

« L’opération peut être blanche pour les familles grâce à des aides diverses », note Hervé Glasel. Une seconde école devrait ouvrir l’an prochain dans un arrondissement de l’Ouest parisien ou dans les Hauts-de-Seine, l’idée étant de créer de petites unités, économiquement viables, partout ou la demande se fait sentir

Ecole du Cerene :

38, rue Poliveau Paris 5e.

Tél. : 01 42 17 03 72.

LES DYS :

• Le dyslexique ne mémorise pas les lettres, les syllabes ou les mots au niveau visuel, ce qui provoque des difficultés dans l’apprentissage de la lecture.

• Le dyspraxique a du mal à coordonner ses gestes et sa pensée. Par exemple, il aura du mal à lacer ses chaussures.

• Le dyscalculique rencontre des problèmes pour calculer. La symbolique des chiffres ne signifie rien pour lui.

• Le dysorthographique n’arrive pas à mémoriser l’orthographe et il écrit en style SMS.

Source : Direct Matin du 17 novembre 2010