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  Le sport, un bon moyen pour les enfants autistes de progresser en se défoulant

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José Milliot connaît l’autisme mieux que personne. Sa petite Joséphine, huit ans, est atteinte de troubles envahissants du développement.

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Il y a un an et demi, il a décidé de créer Écoute ton coeur, une association qui regroupe aujourd’hui plus de 450 adhérents. Il n’a qu’une idée en tête : « démocratiser ce mot qui fait peur aux gens et permettre à ces enfants de s’épanouir pleinement ». Les séances de sport mises en place récemment sont là pour y contribuer.

Tous les samedis, à 9 h, c’est le même rituel pour Joséphine. On passe le jogging, on chausse les baskets, et on file dare-dare rue Cordonnier à Gravelines. Au programme, parcours de motricité, petit volley improvisé et pas mal de calories éliminées ! Un cours de sport tout à fait ordinaire. Mais avec une vingtaine d’« enfants extraordinaires ». Tous sont autistes.

« Rien n’est fait pour eux dans le domaine du sport, il y a un retard énorme », regrette José Milliot, président de l’association Écoute ton coeur. Ancien arbitre de football de haut niveau, il n’est pas du genre à rester les bras ballants. Alors, il y a quelques mois, il s’est lancé un nouveau défi : créer des séances d’éducation physique adaptées aux autistes. « On a mis en place deux cours par semaine, un à Dunkerque le mercredi, l’autre à Gravelines, le samedi. » Une éducatrice spécialisée et deux animateurs diplômés prennent en charge des petits sportifs assez individualistes. « Ce sont tous des winners, alors on travaille l’esprit d’équipe ! », plaisante José. Mais aussi l’apprentissage des règles d’un jeu, les couleurs. Avec un but bien précis : « Les faire progresser, les amener vers l’autonomie ».

« Vas-y, Rémi, prends la quille bleue », lance une éducatrice. Le garçonnet de trois ans hésite. Et finit par remplir sa mission avec succès. « Il a bien progressé, ce n’est pas évident de trouver des structures pour nos enfants », explique sa mère. « On est presque là, à s’excuser », poursuit un autre parent. Ça, José ne le supporte pas. « Beaucoup de familles vivent isolées, quand elles ont un enfant autiste.  » La peur du regard des autres, sûrement. « Quand on apprend une nouvelle pareille, on se prend une grosse claque en pleine figure.

Il faut quand même avancer. » Et avoir de sacrées épaules. José raconte les crises d’angoisse de sa fille, les rituels... Il sourit. « L’imprévu, avec elle, doit être prévu. » Difficile à croire, quand on voit Joséphine jouer au ballon, insouciante. « C’est génial », souffle son père. « Dès qu’il fera beau, nous irons dehors, faire du char à voile, du rugby. S’ils pouvaient rejoindre une association "normale", avec des gamins de leur âge, ça serait vraiment bien. » Une occasion rêvée de casser les tabous qui entourent cette maladie. « Il y a encore du chemin à faire », avoue José. Pas grave, quand il s’agit de l’autisme, l’arbitre est du genre coriace. •

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