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  Il tue son fils autiste et se suicide (L’Union : Champagne Ardenne Picardie)

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Il tue son fils autiste et se suicide. Tel fut le sort d’une famille poussée au désespoir. Le manque de solution viable pour son fils autiste n’est pas étranger à ce drame qui malheureusement et de façon scandaleuse restera dans les faits divers.

C’est un terrible drame familial qui s’est déroulé la semaine dernière à Reims. Un homme a tué son fils autiste avant de se donner la mort. Sa femme, en stade terminal d’une grave maladie, est décédée deux jours après avoir appris la nouvelle.

TROIS mêmes noms sur le registre des décès de l’état civil... Trois noms, ceux d’une même famille, tous morts la semaine dernière à Reims. Le drame resté discret jusqu’à présent est apparu hier au grand jour à travers un vulgaire acte administratif : David Cathrin, 34 ans, André Cathrin, 63 ans, et Nadine Cathrin, 59 ans, sont décédés dans la semaine du 9 au 15 février 2009.

Si aucune information n’avait filtré jusqu’à présent, c’est que ces morts, aussi terribles soient-elles, n’entraînent aucune ouverture d’information judiciaire. L’ensemble des « protagonistes » étant décédé, l’action publique est en effet éteinte.

Selon les éléments de l’enquête réalisée sur les lieux du drame et dans l’entourage des victimes, la découverte des corps s’est faite le lundi 9 février, 4 rue de Turenne dans le quartier Val-de-Murigny à Reims. Au cinquième étage de l’immeuble, les voisins ont vu débarquer dans l’après-midi pompiers et policiers. À l’intérieur, derrière la porte A, le corps d’un homme, André Cathrin, avec une arme à feu à ses côtés. Dans la chambre, son fils mort, tué par la même arme à feu. « Il s’agit d’un drame familial », explique Madeleine Simoncello, la procureur de la République. « L’enquête a montré que l’homme a tué son fils malade avant de mettre fin à ses jours. La mère était atteinte d’une grave maladie et elle est morte deux jours après qu’on lui ait annoncé ce drame. ».

André Cathrin, était coiffeur et tenait un petit salon de quartier dans la rue Marie-Stuart à proximité du centre-ville. Son fils, David, était touché par les symptômes de l’autisme tandis que sa femme, Nadine, était hospitalisée pour une grave maladie au stade terminal.

Difficile de savoir ce qui a motivé le geste du père. Peut-être la douleur et le poids de voir partir sa femme et de se retrouver seul à gérer la maladie de son fils...

Rue de Turenne hier, c’était en tout cas la stupeur chez les voisins.

Dans le quartier du Val-de-Murigny, la famille Cathrin résidait dans un petit immeuble de six étages situé au numéro 4 de la rue.

Le drame qui s’y est déroulé n’a perturbé ni le calme, ni le quotidien des autres riverains. Peu de personnes ont eu vent de la tragédie qui a eu lieu à quelques mètres de chez eux.

« Non honnêtement, je n’étais pas au courant de cette histoire. Je n’en ai même pas entendu parler par d’autres voisins c’est incroyable ! » s’étonne cette femme qui habite un immeuble voisin. Pire encore, dans l’immeuble même, personne n’a rien vu ni même entendu, que ce soit au rez-de-chaussée, au 3e étage ou au 4e, à croire même que rien ne s’est passé. « Oui je l’ai appris mais je n’en sais pas plus que cela. Ici on se parle peu. Je n’ai rien entendu » raconte une voisine.

« Je connaissais le père de vue mais ça s’arrêtait à des échanges de politesse « bonjour », « au revoir » mais rien de plus » explique une jeune femme du 4e étage. « Je n’ai même pas entendu de coup de feu » ajoute-t-elle. Une autre voisine de la famille avait été interpellée la semaine dernière par un regroupement de véhicules avec des gyrophares.

« Oui la semaine dernière, j’ai vu plein de voitures de police et des camions de pompiers, mais je ne m’imaginais pas qu’une telle histoire avait eu lieu dans notre quartier. C’est fou ! »

Une auxiliaire de vie qui travaille pour une personne âgée dans le même immeuble raconte que la dame pour qui elle travaille connaissait le fils.

« Mais d’après ce qu’elle m’a raconté, elle n’était pas au courant de la mort de celui-ci. Elle pensait même que seul le père était décédé. »

En fait, il était : trois. Trois d’une même famille, unis dans la douleur et dans la mort...

Source

Ce qui est arrivé là peut arriver dans chaque famille. Quel serait l’avenir d’un adulte qui n’a eu de ressource pour veiller sur lui que ses parents et pour lesquels ont sait que 90% n’ont pas de solution adaptée en France. Voir son enfant devenu adulte rejoindre l’hôpital psychiatrique est insupportable, pour mémoire, il suffit de voir le film/reportage réalisé par Sandrine Bonnaire sur sa sœur qui après 5 ans de psychiatrie est devenue une loque, alors que c’était une jeune femme pétillante avant son séjour d’internement. Les autistes ne sont pas des fous, et ils n’ont pas leur place à l’hôpital psychiatrique. Malheureusement, ils n’ont pas de place quasi-nulle part parce que La France, de façon collective, n’a pas le courage d’investir sur ces personnes dont les droits les plus fondamentaux sont bafoués. Ce cas est révélé par la presse mais malheureusement il n’est pas isolé. C’est un véritable scandale. Nous avons bonne mine de vouloir aller des leçons à l’étranger. Mais c’est sûr, les autistes ne font pas de grève. Ils ne manifestent pas dans la rue, ils ne brulent pas des voitures. Non, les familles, issues de tous les milieux sociaux, sont trop affaiblies et le combat de survie au quotidien pour compenser ce manque de solutions les anéanti.

Le désespoir d’un père devant la maladie du fils ?

titre l’Union au lendemain.

Un grand fils de 34 ans tué par balle ; un père qui se donne la mort après le geste fatal ; une mère qui décède à son tour, deux jours après avoir appris la terrible nouvelle : la famille Cathrin vient de vivre un véritable drame (notre édition d’hier) qui s’est achevé mercredi avec la discrète incinération des trois corps. Le drame du désarroi face à un lourd handicap ? Le fils, David, était en effet autiste. Henri Hureaux et son épouse connaissaient cette famille, en tant que responsables au sein de l’association des familles d’enfants handicapés des Postes et télécoms section Marne : « Cette famille était venue trouver l’association, il y a trois ans, me semble-t-il, pour deux raisons principales : d’une part, elle voulait faire reconnaître officiellement l’autisme de David, et elle voulait aussi que la maman soit reconnue comme sa curatelle ». D’après eux, David souffrait d’un autisme léger ; il était capable de s’insérer dans le monde professionnel et de fait, il avait trouvé un travail au service des renseignements téléphoniques d’Orange (l’union avait d’ailleurs consacré un article à David sous cet angle en 2005, à l’occasion de la journée de l’autisme). « Mais ses collègues ne savaient pas qu’il était autiste, confie Mme Hureaux, et du coup on se moquait souvent de lui à son travail, à cause de sa façon de s’exprimer notamment, ce qui chagrinait beaucoup la mère. Celle-ci était aussi très inquiète pour l’avenir de son fils qui n’avait pas de notion de veille ou sommeil, ni de chaud ou froid, ni du danger... »

Le papa, qui tenait un salon de coiffure dans la rue Marie-Stuart, est décrit comme un homme plus effacé. Avec les clients, il n’était pas du genre bavard et n’évoquait pas volontiers ses difficultés familiales. « Je le croisais de temps en temps, témoigne M. Hureaux, puisque son salon était voisin de notre domicile. J’avais justement eu l’occasion de bavarder une heure sur le trottoir avec lui, il n’y a pas tellement longtemps, je savais que sa femme était gravement malade et pour avoir moi-même vécu des événements similaires (j’ai perdu ma première épouse d’un cancer, j’ai un fils autiste) je comprenais facilement ce qu’il pouvait vivre. Mais a posteriori, en me rappelant cette conversation, je me dis qu’il y avait un décalage complet entre cette discussion que nous avions eue et son geste ; je ne pouvais pas du tout me douter qu’il en arriverait là... En fait, j’étais surtout frappé par la dignité avec laquelle cette famille vivait son épreuve... » Epreuve que le père n’a finalement plus eu la force de surmonter seul ? Selon Mme Hureaux, la maman de David en effet, qui se savait gravement malade depuis longtemps, mais qui faisait preuve ordinairement d’une grande énergie malgré sa fatigue, avait fini par « s’écrouler dans la maladie » une fois qu’elle eut atteint son objectif : la reconnaissance officielle de la maladie de son fils.