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  Des antibiotiques contre l’autisme ?

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Luc Montagnier, Nobel de médecine, veut lancer un essai fondé sur la prise prolongée d’anti-infectieux, en s’appuyant sur l’hypothèse controversée de la mémoire de l’eau.

L’information a été dévoilée, jeudi 9 décembre, par Declan Butler, journaliste chevronné de l’hebdomadaire scientifique britannique Nature : le professeur Luc Montagnier projette de réaliser en France un essai clinique afin d’évaluer les effets bénéfiques possibles de la prise prolongée d’antibiotiques chez des enfants autistes.

Cette expérimentation laisse perplexes des spécialistes de l’autisme. Luc Montagnier, co-lauréat du prix Nobel de médecine en 2008 pour la découverte du virus du SIDA, devrait utiliser, a côté de techniques biologiques classiques, des procédés qui évoquent la théorie très controversée de la « mémoire de l’eau ». Proposée en 1988 par le professeur Jacques Benveniste, elle supposait que l’eau garde une mémoire des substances qu’elle avait contenues, alors que des dilutions avaient fait disparaitre ces substances de la solution aqueuse. L’entourage du professeur Montagnier confirme ce projet, qui n’a pas encore été soumis à l’approbation d’un comité d’éthique. L’essai pilote rechercherait, selon Nature, la trace d’infections chez 30 enfants autistes, ainsi que chez une vingtaine d’enfants indemnes, à des fins de comparaison. Les enfants prendraient ensuite des antibiotiques pendant plusieurs mois et leur évolution serait évaluée. Afin de mener à bien ces travaux, Luc Montagnier bénéficierait d’un financement de plus de 30 000 euros de la part de l’Autism Research Institute, basé à San Diego (Californie).

Cf article du Monde ci-joint en date du 11 décembre 2010 :

PDF - 190.5 ko
Le Monde
édition du 11 décembre 2010 en pdf

Ces théories sont très controversées mais le sont encore plus celles fondées sur la prise de vitamines et l’application absurde de régimes alimentaires pour traiter l’autisme et non pour des troubles associés distincts et spécifiques. Là aussi, un circuit parallèle s’installe, souvent bien juteux, profitant du désespoir des familles touchées par le handicap.


le 21 mars 2012, dans MAXI SCIENCES  :

Des antibiotiques pour lutter contre l’autisme ?

Le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de Médecine, défend les recherches sur "la piste microbienne" de l’autisme. Selon lui, les antibiotiques permettraient d’améliorer un grand nombre d’enfants atteints.

Présenté hier à l’Académie de médecine, l’exposé du professeur Luc Montagnier visait à montrer que, selon lui, les antibiotiques permettraient d’améliorer les syndromes autistiques dont souffrent de nombreux enfants. "On compte chaque année en France 5.000 nouveaux cas d’autisme ou de troubles apparentés", a-t-il dit notant le caractère "multifactoriel" de ce syndrome des troubles de la communication.

C’est "une véritable épidémie que les facteurs de prédisposition génétique ne peuvent à eux seuls expliquer". Pour lui, il est donc "logique de s’intéresser à des facteurs environnementaux nouveaux". En particulier, aux pesticides, a-t-il poursuivi en évoquant aussi une exposition accrue aux "radiations électromagnétiques non ionisantes". Dans la thèse soutenue par cet ancien prix Nobel de médecine, les facteurs environnementaux et génétiques participeraient à un phénomène de "stress oxydatif" susceptible de provoquer des "modifications neuronales" et un dysfonctionnement immunitaire. Les enfants autistes souffriraient ainsi d’infections chroniques.

Le Pr Montagnier a par ailleurs fait état de "55% d’amélioration rapide" obtenus avec des cures d’antibiotiques sur 97 autistes, en notant que "les enfants réagissent beaucoup mieux avant l’âge de 7 ans". Des vidéos ont montré les progrès d’enfants traités qui se sont mis à parler et à pouvoir aller à l’école. Pour lui, ces résultats "spectaculaires indiquent qu’une fois sur deux, l’autisme n’est pas une condamnation à vie". Ce spécialiste a toutefois ajouté qu’il était "important de confirmer ces résultats par des essais contrôlés" (étude en double aveugle).

D’ailleurs Gilbert Lelord, un pédopsychiatre spécialiste de l’autisme, tempère ces propos en indiquant que si "les antibiotiques représentent une piste intéressante [il souhaite] limiter l’espérance qu’elle suscite".