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  Comment la musique agit sur le cerveau : Musicophilia

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Le livre « Musicophilia », du neurologue Oliver Sacks, présente des cas extraordinaires où la musique joue un rôle.

L’auteur :

Oliver Sacks est né en 1933, à Londres. C’est un neurologue qui enseigne à l’Albert Einstein College of Medecine et à l’Université de New York. Il y a vingt ans, il a publié L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau (Points-Seuil). Il relatait une vingtaine de cas sidérants (une dame incapable de se situer son corps, des jumeaux autistes qui ne comptent que par nombres premiers, un malade dont la mémoire s’est arrêtée ­à ­la fin de la Seconde Guerre mondiale...). Ce livre a été porté au théâtre par Peter Brook. Sacks est également l’auteur d’Un anthropologue sur Mars et Des yeux pour entendre.

Le livre :

Par sa profession, Oliver Sacks s’est toujours intéressé aux mystères du cerveau. Par ses loisirs - c’est un mélomane -, le neuro­logue est passionné par la magie des « motifs sonores ». Dans ­Musicophilia (Seuil), il relie son travail et son hobby. Il cherche à comprendre où se situe le pouvoir d’une symphonie, d’une note, d’un morceau entendu quelque part. Sa thèse ? « L’homme est une espèce musicale. » Fidèle à sa méthode, il appuie sa réflexion de pathologies qu’il a réellement rencontrées au long de sa carrière. Le premier cas est sans doute celui qui étonne le plus : nous sommes en 1994, Tony Cicoria, un homme âgé de 42 ans, téléphone d’une cabine publique. Il est foudroyé, mais survit. Et se retrouve avec une brusque soif de faire du piano et d’acheter des partitions... Il devient un excellent pianiste, alors qu’il n’avait jamais touché l’instrument de sa vie. D’autres cas sont décrits comme cette sourde atteinte d’hallucinations musi­cales, ces handicapés mentaux mélomanes, ou cette personne malade d’Alzheimer qui ne trouve l’apaisement et les souvenirs qu’à travers des notes. L’ouvrage est traduit de l’anglais par Christian Cler.

Le succès :

Comment un tel essai, sérieux, s’est-il retrouvé en tête des ventes « essais et documents », avec 20 000 exemplaires ? Pour son éditeur, Jean-Luc Giribone, Oliver Sacks a inventé un nouveau ­genre : « la nouvelle neurologique ». Et c’est vrai que la manière dont l’auteur mène ses récits - à chaque cas clinique, il raconte une véritable histoire - est tout simplement magistrale. Il n’a pas son pareil pour mettre en scène ces pathologies. Avec lui, la neurologie devient à la portée du plus grand nombre. Dernière raison : depuis le succès de L’Homme qui..., un lectorat nombreux lui est resté fidèle.

Source : Le Figaro