Une jeune institutrice et sa classe spéciale
Malgré maintes difficultés, la jeune institutrice Lê Thi Chiên, fraîchement diplômée de l’université, s’engage à donner des cours à des élèves touchés par l’autisme, contribuant ainsi à alléger le fardeau pour leurs parents.
"Ces enfants ont des oreilles, des yeux et la bouche, mais sont comme sourds, aveugles et muets. Ils sont indifférents à tout. Pis encore, certains d’entre eux n’arrivent ni à parler, ni à lire, ni à manger, ni à s’habiller". C’est ainsi que l’institutrice Lê Thi Chiên décrit les élèves, tous frappés d’autisme, de sa classe spéciale, dans l’école primaire Trân Quôc Toan, ville de Hoà Binh (Nord). Baptisée "La classe d’intégration" et animée 2 séances par semaine par Lê Thi Chiên, âgée de 24 ans, cette classe regroupe des élèves présentant un développement spirituel tardif.
L’idée de créer cette classe lui est venue après sa sortie de la Faculté de l’enseignement spécial de l’École normale supérieure de Hanoi, en 2005. Ces personnes ne sont pas autonomes malgré leur maturité. Leurs parents n’osent pas les scolariser. Ils semblent être des "nourrissons". Outre les cours de mathématiques, de littérature, Mme Chiên leur donne des connaissances sur la vie quotidienne, les initie à s’exercer, à participer aux activités extrascolaires, notamment à s’intégrer. Elle ne les laisse jamais seuls. Après les heures de classe, Mme Chiên se promène avec eux et se rend chez eux afin d’encourager leurs parents à les emmener à l’école. Au début, Mme Chiên se heurtait à bon nombre de difficultés, par manque de connaissance de la maladie des parents. Ces derniers pensaient que l’autisme était incurable et étaient découragés après avoir essayé d’instruire leurs petits.
Quelque temps plus tard, grâce à sa haute détermination, Mme Chiên a réussi à persuader ces parents de coordonner des actions avec elle dans les travaux éducatifs et extrascolaires. Après des résultats initiaux encourageants, la jeune institutrice a bénéficié du soutien et de l’approbation des parents, surtout ceux ayant fait étudier leurs enfants dans les classes spéciales à Hanoi ou ailleurs. Plusieurs parents ont constaté les progrès de leurs enfants, qui savaient non seulement lire et écrire, mais aussi reconnaître des choses. Ils ont inscrit régulièrement leurs enfants à l’école. L’effectif de la classe a commencé à s’accroître. Graduellement, la "classe de l’institutrice Chiên" s’est fait connaître dans toute la province de Hoà Binh.
Interrogée sur sa réussite, Mme Chiên répond que l’enthousiasme ne suffit pas, il est aussi nécessaire d’élaborer un programme d’enseignement adapté au niveau d’instruction, à la capacité de reconnaissance et à l’état de santé de chacun des élèves. Par exemple, le petit Son, âgé de 7 ans, est frappé à la fois d’autisme et de paralysie cérébrale. Après 2 mois de classe, il arrive à manger tout seul, changer de vêtements et se servir quotidiennement. Ou bien Thùy, 19 ans, qui se comporte comme un bébé de 3 ans. Elle ne sait pas parler. À présent, elle réussit à écrire et faire certains calculs. Particulièrement, elle est en mesure parfois d’aider son maître à garder les plus petits.
Afin de bien coordonner ses actions avec les parents dans l’enseignement et l’éducation des enfants, Mme Chiên a fait pour chacun de ses élèves un livret de liaison dans lequel sont notées toutes les demandes nécessaires provenant des 2 parties qui les aident à suivre les études de l’élève. L’essentiel est de ne pas les laisser isolés et solitaires. Il faut les faire participer aux activités communautaires, selon Mme Chiên, qui ambitionne d’ouvrir des cours de formation professionnelle pour les autistes adultes. "J’espère qu’un centre d’enseignement et d’application professionnelle soit créé, afin que mes élèves puissent mener une vie normale. Ce qui permettra de minimiser les difficultés non seulement de leurs parents, mais aussi d’eux-mêmes", a ajouté Mme Chiên.
Elle a également contourné maints obstacles, notamment le manque d’argent pour la location de la salle de classe et les frais d’études. À présent, son habitation est transformée en salle de classe pour enfants autistes.
Les aides peuvent être adressées à la classe de l’institutrice Chiên, N°10-groupe 23, quartier Tân Thinh, ville de Hoà Binh, Vietnam.
Lê Hà/CVN
(14/10/2007)
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