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  Chiens d’assistance pour autistes : « Ça n’aide pas juste l’enfant. Ça aide les parents »

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Cet article s’inscrit dans la suite de celui du 3 avril puis du 12 décembre 2008 qui présentaient la Fondation MIRA. Cette Fondation agit au profit des jeunes autistes en s’appuyant sur un médiateur animal : le chien, à l’instar des chien pour personnes aveugles.

John LeBlanc se promène avec son fils, Jonathan LeBlanc Comeau, qui est autiste, et sa chienne d’assistance dans le « Mall Shédiac ». Avant que Hali intègre la famille, il était trop stressant de sortir avec Jonathan. Il pouvait disparaître à n’importe quel moment. Il y a peu de temps, la chienne accompagnait Jonathan partout, même à l’école, car avec elle il est plus calme et elle l’empêchait de partir spontanément dans toutes les directions, mais Jonathan a maintenant douze ans. Il est trop grand pour que Hali puisse le mener comme avant.

(BMP)
MIRA
Jonathan à la maison avec Hali

Jonathan est autiste de spectre (intensité) moyen. C’est-à-dire qu’il a des troubles neurologiques. Dans son cas, ces troubles, tels que décrits par la Société canadienne des autistes, « provoquent (entre autres) des difficultés de communication et d’interaction sociale. Elles (les personnes atteintes) ont parfois des comportements répétitifs et un attachement inhabituel pour des objets ou des routines. » La mère de Jonathan, Odette Comeau, a fait de multiples collectes de fonds pour pouvoir obtenir un chien d’assistance de National Service Dogs, le premier organisme au monde à entraîner des chiens à aider les autistes et leurs familles. Elle a amassé les 16 000 $ nécessaires à l’entraînement et M. LeBlanc est allé chercher Hali en Ontario en 2006. La présence de la chienne a eu un effet positif immédiat.

« Ça n’aide pas juste l’enfant. Ça aide toute la famille », dit Mme Comeau, en se souvenant de moments de calme qu’elle a pu retrouver grâce à Hali.

L’humeur de Jonathan s’est beaucoup améliorée. Le père de Jonathan a aussi retrouvé un meilleur sommeil, car il ne se réveille plus aussi souvent par souci que Jonathan se réveille dans la nuit et sorte de la maison ou fasse des dégâts. La chienne l’avertit aussitôt qu’il se lève. L’étude qualitative « Service Dogs for Children with Autism Spectrum Disorder : Benefits, Challenges and Welfare Implications » (2005), conduite par Kristen E. Burrows et Cindy L. Adams, confirme ce qu’ont senti Mme Comeau et M. LeBlanc. Selon l’étude, les chiens d’assistance peuvent aussi aider l’enfant à régulariser la vitesse à laquelle il marche et à stabiliser ses mouvements. Ils facilitent aussi les activités qui aident l’enfant à développer sa motricité, comme ouvrir un contenant de nourriture et servir le chien. Jonathan a aussi gagné de la confiance depuis qu’il se promène avec Hali.

Avoir un chien d’assistance prend une adaptation particulière. La famille doit aussi être formée pour qu’elle sache comment se comporter avec le chien et faire en sorte qu’il travaille bien. Ils apprennent à séparer les moments pour jouer des moments pour travailler. Pour que le chien reste concentré et garde l’enfant calme et aligné, il faut, par exemple, éviter de le flatter quand il travaille.

Selon la Société canadienne des autistes, l’autisme est le plus courant des troubles envahissants du développement (TED). Au Canada, 73 000 personnes sont autistes. Aucune aide monétaire n’est disponible pour payer les chiens d’assistance. Par contre, la fondation Mira a commencé à offrir des chiens aux familles d’enfants autistes. Avec Mira, les familles n’ont pas besoin de faire de collectes de fonds. La fondation se charge d’amasser les 15 000 $ nécessaires à l’entraînement d’un chien d’assistance. Jusqu’à présent dans la région, une famille de Dieppe et une famille de Moncton ont bénéficié de l’aide de Mira.

Source : letoile.com


Mira veut doubler son nombre de chiens

Depuis sa fondation officielle en 1981, MIRA a formé plus de 1 500 chiens d’assistance qui sont devenus le support d’existence quotidien indispensable d’une clientèle mal desservie par la vie et qui ne cesse de s’élargir au fil des ans.

Éric St-Pierre, président-fondateur de cet organisme sans but lucratif, estime pourtant que MIRA est loin d’avoir atteint pleinement ses objectifs et il espère doubler d’ici cinq ans le nombre de chiens entraînés pour faciliter la vie des gens qui ne l’ont pas facile.

Inutile de présenter MIRA aux lecteurs. La fondation, qui forme aujourd’hui 150 chiens d’assistance par année, a un taux de notoriété de 93 % auprès de la population québécoise.

Plus de neuf Québécois sur 10 savent donc que MIRA entraîne des chiens pour les aveugles. Tous, ou à peu près tous, reconnaissent l’utilité de ces Labrador habillés d’un foulard rouge autour du cou.

Sauf qu’au fil des ans, MIRA a adapté son expertise à d’autres catégories de gens qui souffrent d’un handicap.

Les chiens-guides pour aveugles sont ainsi également devenus, dans les années 1990, des chiens d’assistance pour handicapés et, depuis quatre ans, des chiens pour enfants ayant un trouble envahissant du développement.

Portrait, donc, d’un homme qui était habité de l’idéal des années 1970 Small is beautfifull mais que la réalité de la vie a obligé à s’adapter au Think big contemporain.

Des chiens et des hommes

« Quand j’ai commencé à entraîner des chiens pour aveugles, en 1981, il n’existait pas d’organisme francophone qui le faisait. Les aveugles devaient aller aux États-Unis pour y suivre l’entraînement en anglais.

« On a commencé par former deux chiens-guides et je me disais à l’époque que lorsqu’on serait rendu à 50, j’aurais atteint mes objectifs », relate Éric St-Pierre.

Mais l’expertise de MIRA a rapidement débordé du seul lit de la non-voyance. On a vite réalisé que les talents du Labrador pouvaient rendre la vie plus facile à d’autres types de handicapés.

Les entraîneurs de MIRA ont donc commencé à former des chiens d’assistance pour handicapés physiques à mobilité réduite.

Depuis 2003, ce sont les enfants ayant des troubles de développement qui peuvent profiter de l’incroyable présence apaisante d’un chien d’accompagnement pour surmonter leurs difficultés à affronter le monde.

« On travaille depuis 2003 avec l’Université de Sherbrooke sur un programme pour les enfants TED (trouble envahissant du comportement). »

« Les résultats sont surprenants. Les enfants autistes, par exemple, arrivent à réduire de façon importante le stress qu’ils ont habituellement lorsqu’ils vont au restaurant, et ils arrivent à dormir de façon continue.

« La présence d’un chien, au jugement neutre, les rassure tout comme elle allège le poids des parents qui ont à assumer ce stress quotidien », observe Éric St-Pierre.

Une expansion continue

À chaque nouvelle année qui commence, Éric St-Pierre sait qu’au moins une centaine de personnes attendent qu’un chien soit formé et prêt pour les accompagner dans leur vie d’aveugle, de handicapé physique ou d’enfant TED.

« Les besoins sont tels qu’il faut arriver d’ici cinq ans à entraîner 300 chiens par années, soit doubler notre capacité actuelle », évalue le PDG de MIRA.

Depuis sa création en 1981, l’organisme n’a jamais touché de subvention gouvernementale. Les dons du public et des sociétés lui ont toujours permis de survivre, mais surtout de progresser.

On sait qu’il en coûte 20 000 $ pour entraîner un chien d’assistance qui sera donné gratuitement à celui qui pourra bénéficier de ses services pour une durée d’au moins six ans.

« On a toujours eu l’appui du grand public, comme celui des compagnies. Mais en ces temps plus difficiles, on veut continuer et intensifier notre mission », expose Éric St-Pierre.

Source : Canoe.qc.ca