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  Ben X : sortie le 19 mars au cinéma

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Sortie au cinéma en France : le 19 Mars 2008

Un film de Nic Balthazar

Avec Greg Timmermans

Ben est différent. Sa vie est pleine d’étranges rituels. Il s’est créé un univers dans lequel il vit pour la plupart du temps : celui des jeux online. Quand il arrive dans le milieu très cruel d’une école technique, la vie devient pour lui un enfer quotidien, deux lascars lui rendant l’existence littéralement impossible. Ben a un plan. Un plan qui tient en un seul mot : meurtre ! A ce moment, Scarlite, son amie internaute, fait irruption dans sa vie. Cela ne faisait pas du tout partie de son plan...

Fable moderne sur l’exclusion et le rapport à l’autre Ben X est un évènement dans son pays d’origine, la Belgique. Traitant de très nombreux sujets annexes faisant de ce film une oeuvre complexe et possédant plusieurs niveaux de lecture, le scénario est à l’origine issu d’un fait divers troublant : chahuté par ses camarades de classe, un jeune autiste est poussé au suicide. C’est pour dénoncer cet état de fait social consternant que le réalisateur et critique cinéma Nic Balthazar a tout d’abord écrit un roman puis monté une pièce de théâtre sur le sujet, avant de pouvoir en faire un film, aidé du producteur Peter Bouckaert et de l’acteur Greg Timmermans. Nous avons rencontré ces deux derniers dans un petit hôtel du quartier latin afin d’explorer (trop brièvement malheureusement) la genèse du projet.

Greg, c’est la première fois que l’on aura en France la chance de vous découvrir, mais vous êtes déjà connu en Belgique pour avoir participé à diverses pièces de théâtre et autres séries télé. Pouvez-vous nous en parler ?

GT : J’ai fini mes études de théâtre il y a trois ans, à l’université de Bruxelles. Avant de faire le film, j’avais joué dans deux pièces de théâtre, et depuis je travaille de façon permanente dans une troupe de théâtre qui s’appelle l’Arsenal, avec qui j’effectue deux pièces par an. Concernant la télévision, j’avais effectivement travaillé dans quelques séries mais il s’agissait vraiment de petits rôles, avec juste quelques journées de tournage. Donc ce film est pour moi non seulement mon premier rôle au cinéma, mais aussi mon premier rôle principal.

Comment avez-vous entendu parler du projet de Nic Baltazar et qu’est- ce qui vous a poussé à y participer ?

GT : J’avais entendu parler du livre et de la pièce de théâtre mais je n’avais pas lu le livre, ni vu la pièce. J’avais juste joué dans le court métrage d’un réalisateur qui connaissait Nic et c’est celui-ci qui l’a en fait approché en lui disant que j’étais peut-être le bon acteur pour le rôle. Et donc, sans que je le sache, Nic est venu me voir dans une pièce de théâtre et après la représentation, Nic est venu me chercher et m’a dit : « Il faut qu’on se parle » et pour moi c’était vraiment une très grande surprise. Après j’ai fait deux auditions et c’est comme cela que j’ai eu le rôle.

Comment vous êtes vous préparé pour le rôle ? Avez-vous eu une préparation similaire à celle de Sam Riley qui a côtoyé des épileptiques pour préparer le rôle de Ian Curtis (Control, de Anton Corbijn) ?

GT : Effectivement, moi aussi, je suis allé voir beaucoup de gens atteints d’autisme, et comme vous le savez, l’autisme a un spectre très vaste, il y a presque autant de formes d’autisme qu’il y a de personnes. J’ai donc rencontré des autistes de tous les âges, je suis allé dans des écoles, des institutions, j’ai rencontré des parents, et je suis allé aussi voir des autistes dans leurs propres environnements, dans des petits villages partout en Flandres. Je les ai observés, j’ai beaucoup parlé avec eux, et ça m’intéressait de savoir également comment réagissait un autiste dans une situation de panique et pourquoi, qu’est qui génère cette réaction, pour bien comprendre comment il raisonne. Mais ce qui était très important pour moi, c’était de créer ma propre forme d’autisme, donc j’ai fait une combinaison entre mes observations et mes propres sentiments.

Vous concernant, Peter, vous avez participé à la production du film La mémoire du tueur (Erik Van Looy, 2004), pensez vous que les deux films partagent certaines similitudes ?

PB : C’est la première fois que l’on me pose cette question, mais effectivement oui, je pense que oui. Il y a deux choses je pense. La mémoire du tueur était un film très inattendu en Flandres : Erik Van Looy avait déjà fait deux longs-métrages mais c’était vraiment son breakthrough, le film qui l’a propulsé et révélé aux yeux du public comme un réalisateur très talentueux. Mais, ça a aussi changé le cinéma en Flandres. C’est vraiment à ce moment que les gens ont réalisé « Tiens en Flandres, on est aussi capables de faire de bons films ! ». Et le film est devenu numéro un au box office alors que la même année sont sortis Le seigneur des Anneaux et Le monde de Nemo. Et pour moi, ce qui explique le succès de l’oeuvre c’est que d’une part c’est un très bon film (le scénario est excellent, les acteurs sont formidables..), et d’autre part, il y avait plusieurs niveaux dans ce film. Ce n’était pas uniquement un thriller, le public a vraiment sympathisé avec le tueur, parce qu’il était malade, atteint d’Alzheimer, et commençait à se focaliser et se venger sur des gens qui, normalement, ne sont jamais punis. Ca appelait donc au sentiment des gens qui se disent « il y a parfois des gens au dessus de nos têtes, et là pour la première fois, il y a quelqu’un qui fait quelque chose comme cela. Ici, pour Ben X, c’est un peu la même chose car le film est sorti en Septembre dernier, c’était le premier d’un réalisateur qui est connu pour avoir fait des reportages de tourisme, et donc c’était assez inattendu. Puisque Nic n’a pas fait d’école de cinéma, il a créé son propre langage, il a utilisé des éléments très divers, la langue du jeu vidéo, l’angle documentaire, tout est mixé donc il a créé sa propre voix. Et deuxièmement, c’est aussi un film qui a beaucoup de niveaux. Il n’est pas simpliste je pense, on ne voit qu’à la fin toutes les pièces s’imbriquer les unes dans les autres, ce que la mère a fait, et le film a apparemment touché une veine, une corde sensible car on reçoit encore aujourd’hui des mails de gens qui nous expliquent des histoires qui dépassent vraiment la fiction sur le harcèlement, sur l’autisme, sur le suicide. Et c’est un film sur l’apathie. L’autiste est quelqu’un qui a des difficultés pour montrer des sentiments d’empathie, mais le film est aussi pour nous un rappel pour une société qui a elle-même perdue son empathie pour l’autre. Aujourd’hui, nous sommes tous des individus. L’individualisme règne, et on a perdu quelque par l’empathie pour comprendre un autre individu qui est un peu différent, et c’est un peu cela aussi le sujet et cela touche beaucoup de gens. De plus, bon, le film n’est pas devenu numéro un au Box Office, mais a tout de même atteint la cinquième place et a dépassé La vengeance dans la peau, Ocean’s 13, avec une première oeuvre sur le harcèlement, l’autisme, c’est un miracle pour nous.

Justement, le film ne parle pas que d’autisme et tourne autour de nombreux thèmes. Est-ce qu’il a été difficile à produire, d’autant que c’était donc un premier long métrage ?

PB : Ca n’a pas simplifié les choses. C’était donc en effet le premier film d ‘un réalisateur qui n’avait même pas fait de courts métrages et avec un jeune acteur dans le rôle titre. Greg est très modeste, mais il a fait deux auditions et à chaque fois qu’on faisait les tests de castings pour la mère, de Scarlite et des autres membres de la distribution, dès que l’on allumait la caméra, il devenait littéralement Ben. En une seconde, il ne le jouait pas, il le devenait. On a rassemblé beaucoup de matériel pour convaincre les gens, beaucoup de tests de caméra afin de montrer Greg... Et finalement on a motivé beaucoup de gens parce que c’était un film qui abordait beaucoup de sujets. Oui, ce n’était pas facile, oui, ca ne sera jamais évident de convaincre les gens de venir voir un film au cinéma qui traite de ces sujets là, mais c’est grâce à ces sujets là qu’on a pu convaincre les gens de faire le film.

Greg, est-ce qu’après avoir joué le rôle de Ben, votre vison du monde a changé ? Est-ce que vous voyez le monde autrement ?

Je crois que je suis fondamentalement la même personne mais je pense également que tout ce que l’on fait dans la vie élargit son être et sa pensée. Est-ce que je regarde les choses d’une manière nouvelle ? Non pas vraiment car il y a deux ans, j’avais déjà fait une pièce de théâtre où je jouais un rôle très proche de celui que j’ai dans le film et il m’est difficile de l’expliquer mais j’ai toujours depuis très jeune eu une certaine attirance pour le sujet de l’autisme. Et j’ai toujours également eu beaucoup de sympathie pour les gens qui se retrouvent isolés, donc j’ai toujours réagi comme cela, et j’ai toujours eu de très forts sentiments concernant l’injustice. Donc ca ne m’a pas vraiment changé, mais plutôt renforcé dans mes convictions.

Il y a une très grande place faite dans le film aux univers virtuels et au côté intérieur du mode de chacun. Est-ce que le côté jeu vidéo était déjà là dans le roman original ? Et comment en êtes vous arrivés à contacter la société CodeMasters pour mettre Archlord dans le film ?

PB : Ce n’est pas facile mais effectivement, tout était là dès le départ car le livre a été inspiré d’une réalité, un fait divers, et le jeune homme qui s’est suicidé jouait déjà aux jeux vidéo, et donc c’était pour lui une véritable échappatoire. On a bien sûr fortifié cela dans le film parce que pour nous, le jeu vidéo n’était pas un Gimmick pour être dans le vent, cela faisait vraiment partie de son être. Il commence à mixer réalité et jeu vidéo et ce qu’il apprend dans le jeu vidéo, il l’utilise dans sa vie de tous les jours. Donc il fallait qu’on trouve un moyen de reproduire cela. Pendant la préparation du film, nous avons donc regardé beaucoup de jeux vidéo du type World of Warcraft, etc...Mais nous avions entendu dire qu’un nouveau jeu était en préparation, du nom d’Archlord, et le concept était magnifique car cela correspondait exactement à ce que nous cherchions. En fait, le concept de Archlord, c’est qu’on doit fonder des clans et des alliances pour conquérir des mondes, et celui qui atteint le niveau 100 devient le Archlord, à savoir le Dieu du jeu, et ce pendant un mois. Pendant un mois, si quand le lundi on se lève et on ne se sent pas bien, on peut faire pleuvoir et provoquer des tempêtes, sur tout l’univers du jeu et pour tous les joueurs c’est la pluie et la tempête. Donc on est vraiment tout puissant. Mais un mois plus tard, une autre armée peut désigner son Archlord et donc ça tourne. On cherchait un jeu où une personne pouvait être très proche de devenir Archlord et qui pouvait être une idole pour beaucoup de joueurs. Et donc je suis entré en négociations avec Codemasters. Mais en fait, Codemasters est la société qui a adapté le jeu pour l’Occident parce qu’au départ, c’est un jeu coréen. Des millions de coréens y jouent chaque jour, et donc il nous fallait évidement la permission de la société NHN en Corée, et sur les mille personnes qui y travaillaient, seulement un seul d’entre eux parlait l’anglais, du nom de Tony Kim (je ne vais jamais oublier son nom). Et donc je l’ai eu au téléphone avec 11 heures de décalage horaire, pour expliquer ce que nous voulions faire, qu’on ne voulait pas mettre le jeu vidéo dans un contexte qui lui était désavantageux, parce qu’ils sont très frileux avec cela. Depuis ils ont vu le film, et ils en sont très contents.

source :

Autre interview :

Entrevue : Nic Balthazar

Présenté en compétition lors du plus récent FFM, en août dernier, le film belge Ben X, de Nic Balthazar, prend finalement l’affiche au Québec après plusieurs mois d’attente. Candidat à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère pour son pays, le film raconte l’histoire d’un adolescent atteint d’autisme qui est la souffre-douleur de ses camarades scolaire.

Pour son histoire, Nic Balthazar s’est inspiré d’un fait divers où un jeune homme de dix-sept ans atteint d’autisme s’est suicidé, en Belgique. Avant d’être un film, Ben X a aussi été un livre et une pièce de théâtre, aussi signés Nic Balthazar.

L’ancien critique de cinéma Nic Balthazar a présenté son film au Festival des Films du Monde de Montréal. Véritable coup de cœur, il a rapidement été acheté par un distributeur québécois qui lance maintenant le film à Québec et Montréal. « Quand je dis que Montréal est ma ville préférée au monde, ça n’as pas changé depuis cet été ! Mon rêve c’était de faire une première au Festival des Films du Monde. Je dansais comme un fou quand j’ai su qu’on était sélectionné en compétition, alors vous imaginez ce que j’ai fait quand on a gagné ! » Le film est reparti avec le prix du public et le Grand Prix du festival.

Est-ce que le principal défi d’un film comme Ben X est de pouvoir intégrer dans une histoire cohérente des informations sur le suicide et l’autisme ? « Oui et non. Comme Hitchcock disait : « Thou shalt not bore the audience » ; « vous n’allez pas ennuyer les spectateurs ». Le défi, c’est toujours de faire un livre, un film ou pièce de théâtre qui ne serait pas chiante. C’est la simple histoire d’un jeune, qui était dans le journal, qui était tant désespéré qu’il s’est suicidé parce qu’il était harcelé. Pourquoi était-il harcelé ? Parce qu’il était différent. Pourquoi était-il différent ? Parce qu’il était dans ce spectre d’autisme où c’est très difficile de comprendre les codes sociaux qui sont tellement importants. »

Vous parlez d’Hitchcock, il y a dans votre livre un personnage nommé « Coppola » ; sont-ils parmi vos influences ? « Oui, mais il y en a tellement d’autres que ce serait difficile de dire lesquels. C’était mon bonheur bien sûr de faire le métier que vous faites aussi. C’est de rencontrer plein de gens, de leur voler les meilleures idées... et c’est légal ! »

Exercer le métier de critique vous a donc beaucoup aidé ? « Absolument. Par exemple, Mike Lee fait toujours ses répétitions sur les lieux où l’histoire se passe ; c’est quelque chose qu’on a fait. Quand Ben est harcelé sur un bus, on a fait les répétitions dans un vrai bus avec une petite caméra, donc personne ne savait vraiment que c’était du théâtre. On s’aperçoit aussi très vite qu’on est dans la véridique parce que personne ne faisait rien du tout et que le chauffeur de bus ne s’est jamais arrêté. »

« C’est Mike Lee et Ken Loach qui m’ont appris à ne pas toujours dévoiler à tes acteurs ce qui va arriver. Il y a des moments où l’acteur principal ne savait pas quand se terminerait la scène. C’est le sentiment qu’ont beaucoup de gens qui sont harcelés. On est dans les mains de quelqu’un de pouvoir et on ne sait pas quand ça va s’arrêter. »

Vos acteurs ont-ils une qualité commune ? « Ce sont des bons acteurs ! Il y a deux écoles, ceux qui disent que les acteurs doivent bien jouer, et les autres qui disent qu’un acteur ne doit pas jouer, il doit être. Je crois que la vérité est entre les deux, parce que mon acteur principal n’est pas autiste du tout, mais, c’est un garçon tout à fait particulier. On a travaillé avec tant de gens qui souffrent d’autisme pour s’emparer de leur façon de marcher, de se comporter. D’essayer de s’imaginer ce que c’est l’autisme, pour un acteur, c’est impossible. »

Ben X aborde tout de même un sujet universel, alors qu’il soit en néerlandais sous-titré ne fait pas de grande différence ? « Grâce au festival ici on a vendu le film dans 46 pays déjà. C’est ce qu’on voit dans toutes les cultures ; l’abus de pouvoir, la dégradation d’un être humain par un groupe qui se sent plus fort ou qui veut se faire plus fort en se heurtant à quelqu’un qui ne sait pas se défendre, c’est universel. Bien sûr, l’autisme, c’est une allégorie. Pour moi, Ben X n’est pas un film sur l’autisme, mais c’est hélas le symbole parfait de beaucoup de gens qui se sentent pas compris du tout. »

« Déjà à Montréal, on avait des demandes pour faire un remake américain de la même histoire, et au bord du canal Lachine on a rêvé un peu, mon producteur et moi, de faire le film avec un producteur américain. Après Montréal je pars pour L.A. pour rencontrer des producteurs. Je suis entrain de réécrire pour la quatrième fois la même histoire pour la version américaine. On ne sait jamais, avec ces gens-là, si ça va aboutir ou pas. J’ai tant d’histoires que je voudrais écrire et faire, c’est un peu le temps qui manque ! »

Source :

La critique de ce film est exceptionnelle :

Rarement un film aussi touchant aura osé tant de nouvelles choses. L’intégration intelligente d’images virtuelles dans un film ajoute une nouvelle dimension pleine d’empathie à la psychologie d’un personnage crédible et bien défendu par Greg Timmermans. Une esthétique documentaire qui vient aussi ajouter à l’impact dramatique extrêmement puissant de cette histoire tragique. C’est presque une recette, au fond, mais qui est si bien appliquée ici que le résultat est touchant et stimulant pour l’esprit et les sens.

Le jeune Ben est la cible des railleries de ses camarades de classe parce qu’il est légèrement autiste. Il se réfugie dans le monde virtuel de son jeu vidéo favori, Archlord, où il fait la connaissance de Scarlite, une jeune fille qui le comprend mieux que quiconque même s’ils ne se sont jamais vus. Un jour qu’il est battu et humilié par les deux petits tyrans de son école, Ben envisage de se venger. Heureusement qu’il lui reste Scarlite...

Ancien critique de cinéma, Nic Balthazar a d’abord publié un livre, inspiré d’un fait divers tragique, racontant l’histoire de Ben X (en néerlandais, Ben-« niks », rien) avant d’adapter l’histoire pour le théâtre et pour le cinéma. Sa transposition visuelle tire grand profit de la technologie en intégrant, directement dans l’histoire, des images de jeux vidéo. Attendrissant au premier abord, l’effet devient littéralement saisissant quand Ben s’habille dans la salle de bain ou quand il s’imagine dans son jeu face à ses ennemis réels. Puissant et imaginatif.

Dans la construction même de son récit, Balthazar se permet de bifurquer des trames narratives conventionnelles. Bourré de messages (des statistiques au simple message d’espoir), Ben X n’est pas toujours là où on l’attend. Les personnages s’adressent directement à la caméra dans ce qui semble être un documentaire. Des commentaires intelligents, sérieux et respectueux qui ne servent pas qu’à faire pleurer. On parle parfois de films - un peu naïvement d’ailleurs - qui « montrent » ou « démontrent comment c’est dans la vraie vie », pour un autiste, par exemple. Les principaux concernés sont souvent les premiers choqués ; ce n’est pas ce que Ben X tente de faire lorsqu’il évite la complaisance et le misérabilisme qui font fuir l’émotion par la grande porte. Ici, le réalisateur et son acteur principal, au diapason, s’assurent de demeurer crédibles et sérieux.

Balthazar ne fait pas que toucher une corde sensible, il y va d’un véritable solo de guitare ; son film est adapté aux jeunes, s’adresse à eux et aborde des thèmes importants comme le suicide et l’intimidation. Une vision mature, qui ne prend pas les adolescents pour des enfants et qui n’est surtout pas moralisateur ou didactique. Le dénouement, à ce titre, touchera plus que sa part de spectateurs. Difficile de dire, cependant, si cette tristesse incontrôlable est due à la compassion qu’on éprouve pour le jeune Ben ou à la culpabilité...

A voir absolument.