(GIF)

08 842 846 37

3977 :

numéro d’appel

contre la maltraitance

Mentions légales

>> Le coffre à outils technologiques et pédagogiquesdes enseignants de la formation professionnelle du Québec

Nouveautés sur le Web

Vous êtes ici : Accueil » Etudes, rapports & textes » Rapports officiels

  Autisme : un député UMP veut interdire l’accompagnement psychanalytique

Imprimer

Dépêche AFP PARIS :

Le député UMP Daniel Fasquelle va déposer vendredi sur le bureau de l’Assemblée une proposition de loi visant à interdire l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales, a-t-il indiqué à l’AFP.

"Pour aider ces personnes à s’en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l’autisme", affirme le député, qui cite le chiffre d’un enfant sur 100 en France affecté par des "troubles du spectre autistique".

On estime qu’il y a en France plus de 400.000 personnes atteintes de syndrome autistique au sens large, selon la Haute autorité de santé (HAS). L’autisme a été désigné "grande cause nationale" 2012.

"Je m’indigne en constatant qu’en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l’Assurance Maladie", explique le député du Pas-de-Calais dans l’exposé des motifs de sa proposition de loi.

M. Fasquelle ajoute que "l’approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales".

La psychanalyse "ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d’autisme", écrit le député, alors que l’apport de "certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études".

Selon le député, une étude est en cours au Conseil économique social et environnemental sur "le coût économique et social de l’autisme en France" et qui "devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d’un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible".

La France manque toujours de places d’accueil pour les personnes atteintes de troubles autistiques, surtout pour les adultes, selon un bilan du plan autisme 2008-2010 publié la semaine dernière par Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d’Etat à la Solidarité.

Le Monde a mis un encart dans son édition datée du 21 janvier 2012 :

Santé : Un député veut interdire l’approche psychanalytique de l’autisme. Daniel Fasquelle, député (UMP) du Pas-de-Calais, a présenté, jeudi 19janvier, une proposition de loi « visant l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation de tous les financements existants à ces méthodes ». Affirmant que « l’approche psychanalytique de l’autisme est encore majoritairement enseignée dans nos universités françaises », il estime que « cette lecture erronée de la pathologie continue à être imposée dans la plupart des hôpitaux de jour, des IME (Instituts médico-éducatifs) et des CMP(Centres médico-psychologiques) », freinant ainsi la mise en place d’une prise en charge efficace de ce handicap. Article signé par Catherine Vincent.


SOURCE

Le soutien d’Evelyne Friedel, vice-présidente d’Autisme Europe

En qualité de vice-présidente d’Autisme Europe, je tenais à vous faire part du soutien de l’organisation internationale à votre proposition de loi en faveur de la suppression des pratiques psychanalytiques dans le traitement des personnes autistes. Votre initiative est à la fois courageuse, en raison du « paysage » français, tant associatif que professionnel, mais surtout nécessaire, au plan scientifique et médical, et au plan financier. Les finances publiques doivent en effet être réorientées vers des approches éducatives de qualité, adaptées aux personnes autistes, pour répondre à leurs droits.

Comme vous le savez, suite à une réclamation collective d’Autisme Europe contre la France, le Conseil de l’Europe a jugé en 2003 que la France avait violé ses obligations éducatives à l’égard des personnes autistes, accusant ce pays de graves retards - notamment au regard de la qualité de leur prise en charge. Je vous renvoie à la présentation de cette décision jointe à ce courrier.

Le Conseil de l’Europe a effectué un suivi de la décision rendue à l’encontre de la France. Les conclusions du Comité européen des droits sociaux ont été rendues en 2007 et en 2008. Le Comité a constaté à deux reprises que la France ne répond malheureusement toujours pas à ses obligations (voir pp. 27 et ss. des conclusions de 2007 et pp. 19 et ss. des conclusions de 2008).

Lorsque la situation française est comparée à celle de pays européens voisins, notamment l’Espagne (il n’est même pas besoin de traverser l’Atlantique), on constate que notre retard est causé par la force d’inertie opposée par l’approche psychanalytique qui ne laisse pas la place aux autres méthodes éducatives ayant fait preuve de leur efficacité depuis maintenant 30-40 ans.

Sur la scène européenne, comme d’ailleurs sur la scène internationale, la France fait de plus en plus figure d’exception.

De nombreux psychiatres travaillant au sein de la communauté scientifique internationale, et dont plusieurs interviennent comme experts auprès d’Autisme Europe, se sont aussi souvent émus de la situation vécue par les familles en France.

Ces familles sont en effet victimes des approches psychanalytiques privant les enfants de l’éducation indispensable à leur développement, laquelle constitue aussi l’un de leurs droits fondamentaux.

Or, chacun sait que la théorie psychanalytique n’est pas scientifiquement établie, et contrevient en cela aux critères de l’Organisation mondiale de la santé, qui exige que les traitements apportés aux personnes soient fondés sur l’état le plus avancé de la science (evidenced based medicine).

Les publications scientifiques internationales font ainsi état de ce mal français.

Qu’ils soient européens ou américains, les spécialistes soulignent l’inefficacité de la psychanalyse, pire, ses effets néfastes (voir notamment, les publications - déjà anciennes - jointes à ce courrier : James D. Herbert, Ian R. Sharp Brandon A. Gaudiano, Separating Fact from Fiction in the Etiology and Treatment of Autism, The Scientific Review of Mental Health Practice, 2002, p. 2 à 4 et 12 ; et Ministère de la santé Espagnol, Guide de bonnes pratiques dans le traitement des troubles du spectre autistique, 2006).

Le guide des bonnes pratiques du ministère de la santé espagnol de 2006 (p. 13) indique clairement que « l’approche psychanalytique a été une des plus grandes erreurs dans l’histoire de la neuropsychiatrie infantile. Les personnes autistes en France ne doivent plus être privés de prises en charge adaptées à leurs besoins, à cause de l’obscurantisme de professionnels, qui ne sont ni scientifiques, ni éducateurs et qui faussent le débat depuis bien trop longtemps.

Les contraintes budgétaires sont une chose, les obstacles « idéologiques » face aux réalités scientifiques sont encore bien plus lourds à franchir. Ajoutons que les budgets en ce domaine parce qu’ils sont limités doivent d’autant plus être employés en direction de prises en charge adaptées, comme le requiert le Conseil de l’Europe.

Evelyne Friedel Vice-présidente

Autisme Europe


Proposition de loi visant l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation des financements existants à ces méthodes

Présentée par Daniel FASQUELLE,

Député du Pas-de-Calais

EXPOSE DES MOTIFS

L’autisme est un trouble sévère qui touche 1 enfant sur 100 (dernier chiffre de prévalence issu de Thomson & collaborateurs, décembre 2011). En France, on estime à 600 000 le nombre de personnes affectées par les troubles du spectre autistiques (TSA).

La situation de ces personnes et de leur famille demeure dramatique dans notre pays, il est aujourd’hui plus qu’urgent de correctement traiter ce problème de santé publique majeur.

Pour aider ces personnes à s’en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l’autisme.

Pour rappel, la psychanalyse ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d’autisme. Elle n’est citée ni par l’INSERM dans son expertise collective de Février 2004, ni par le Conseil National d’Ethique dans ses rapports N°42 de 1996 et N°107 de 2007, ni par la Fédération Française de Psychiatrie dans ses recommandations d’Octobre 2005.

L’approche psychanalytique de l’autisme a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales. Cette mutation, qui s’est opérée aussi bien dans la définition de l’autisme, aujourd’hui défini comme un trouble neuro-développemental, que dans sa prise en charge, s’est fondée sur un constat simple : aucune étude scientifique publiée ne permet d’attester du bienfondé ni surtout de l’efficacité de la démarche psychanalytique, contrairement à certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales), dont l’apport a été démontré dans plusieurs études. A titre d’exemple, en 2010, une étude sur le modèle de Denver, conjuguant intervention précoce et programme éducatif et comportemental intensif - 25h hebdomadaires - a montré qu’une prise en charge de ce type permettait de faire régresser les symptômes autistiques, d’améliorer considérablement le langage ainsi que les facultés cognitives (+ 17 points de QI en moyenne pour une intervention dès 18 mois).

La communauté scientifique internationale est unanime sur cette question et déconseille dans les guides de bonnes pratiques l’utilisation des prises en charge d’inspiration psychanalytique.

En janvier 2010, enfin, comme partout dans le monde, la Haute Autorité de Santé a enfin reconnu la Classification Internationale des Maladies de l’Organisation Mondiale de la Santé (la CIM-10), incluant l’autisme dans les Troubles Envahissants du Développement et abandonnant de fait la notion de psychose infantile.

Il faut pourtant aller beaucoup plus loin pour faire évoluer les pratiques.

La Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent (CFTMEA), construite sur référence psychanalytique, n’a toujours pas calqué sa définition sur celle recommandée par la HAS.

Aussi, bon nombre de médecins ne reconnaissent toujours pas la CIM-10, et l’approche psychanalytique de l’autisme est encore majoritairement enseignée dans nos universités françaises.

Cette lecture erronée de la pathologie continue à être imposée dans la plupart des hôpitaux de jour, des IME (Instituts médico-éducatifs) et des CMP (Centres médico-psychologiques) qui accueillent la majorité des enfants autistes. Les pratiques psychanalytiques captent la majeure partie des moyens financiers alloués à cette pathologie, freinant ainsi la mise en place de traitements adaptés tels que les méthodes éducatives et comportementales, hypothéquant la vie des autistes à l’âge adulte, lesquels se retrouvent dépendants, « sur-handicapés » par des années d’errance dans le diagnostic, sans jamais avoir bénéficié de l’accompagnement qui aurait pu les aider à compenser leur handicap, les rendre autonome et leur offrir une véritable perspective de vie.

Il convient maintenant avec urgence, face à un tel problème de santé publique, de rompre avec la psychanalyse dans l’autisme tant en termes de lecture que de mode de prise en charge (j’inclue ici la technique du packing qui scandalise l’ensemble de la communauté scientifique internationale). Il est donc indispensable de réaffecter l’ensemble des moyens existants sur les traitements opérants.

On le sait à présent, une prise en charge précoce et adaptée permettrait de réduire considérablement le coût économique et social de l’autisme, comme l’a notamment déjà démontré en 2007 le rapport d’un comité sénatorial québécois préconisant un accompagnement précoce avec des méthodes éducatives et comportementales.

Aujourd’hui au Québec, les traitements éducatifs et comportementaux peuvent être prescrits par le médecin et sont remboursés par les assurances santé.

Je m’indigne en constatant qu’en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l’Assurance Maladie. L’étude actuellement menée par le Conseil Economique, Social et Environnemental sur le coût économique et social de l’autisme en France suite à la saisine du Président de l’Assemblée Nationale Bernard Accoyer, relayant la pétition citoyenne du Collectif Autisme, devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d’un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible.

L’enjeu est considérable : il s’agit de permettre aux personnes souffrant d’autisme d’accéder à une prise en charge adaptée, de compenser leur handicap, de restaurer le dialogue avec le monde environnant, de s’insérer dans notre société et d’espérer avoir un véritable avenir.


Article unique

Les pratiques psychanalytiques, sous toutes leurs formes, doivent être abandonnées dans l’accompagnement des personnes autistes, au profit de traitements opérants, les méthodes éducatives et comportementales en particulier. Une réaffectation de l’ensemble des moyens à ces modes de prise en charge doit être exigée.

Source : http://www.danielfasquelle.blogspot.com/