Autisme : tout un encadrement, tel était le titre du Journal de Québec
le 27/07/2007
La Fédération québécoise de l’autisme et des autres troubles envahissants du développement (FQATED) publie un Guide des animateurs pour outiller les employés des camps de jour et des répits spécialisés afin qu’ils s’acquittent le mieux possible de leurs responsabilités.
« On y parle de l’autisme, des grandes approches éducatives, du rôle de l’animateur et de la sécurité », résume Jo-Ann Lauzon, directrice de la fédération.
« Tout repose sur la vigilance », ajoute-t-elle.
Formation obligatoire
À l’organisme Autisme et troubles envahissants du développement Montréal (A.T.E.D.M.), les moniteurs des camps de jour doivent suivre au minimum une semaine complète de formation avant de travailler auprès des enfants.
« La formation en secourisme est obligatoire à chaque année », souligne la directrice Nancy Lacoursière. Deux enfants autistes peuvent avoir des comportements complètement opposés.
Par exemple, certains enfants parlent beaucoup, d’autres, pas du tout.
Encadrement important
La noyade d’un bambin autiste à la plage du lac Saint-Joseph a frappé les esprits et les camps de jour spécialisés rappellent l’importance d’un bon encadrement.
Car en plus d’avoir des besoins particuliers, bien des enfants autistes n’ont pas conscience du danger.
« Il faut toujours les surveiller. Ils peuvent se mettre en plein milieu d’une rue passante sans se rendre compte du danger », dit Sophie Provost, responsable du camp de jour Campgourou, qui accueille une clientèle de jeunes personnes handicapées.
« Lorsqu’on va à la piscine, il faut souvent leur tenir la main car ils vont se jeter à l’eau sans attendre les moniteurs. On a toujours l’oeil sur eux », ajoute-t-elle.
L’autisme n’est pas une maladie mais un trouble envahissant du développement qui affecte la communication et l’interaction sociale des personnes atteintes. Les caractéristiques sont très différentes d’une personne à l’autre.
Attention particulière
Dans les nombreux camps de jour spécialisés contactés par le Journal, le ratio moniteur/enfant était généralement d’un pour un ou d’un pour deux.
« Ça varie parce que chaque enfant est très différent. Ce sont des personnes qui ont besoin de beaucoup de stimulation et certains ont aussi une déficience ou un handicap », dit Nancy Lacoursière, directrice de l’organisme Autisme et troubles envahissants du développement (A.T.E.D.M.).
Cet été, les trois camps de jour de l’organisme, divisés par groupes d’âge, accueillent quelque 130 autistes âgés de 3 à 24 ans.
« De façon générale, un enfant ce n’est pas prudent, mais un enfant autiste hyposensible ne ressent même pas la douleur. Il pourrait se mettre la main sur un rond de poêle et ne rien sentir », ajoute Mme Lacoursière.
Au camp Gymn-eau, on ne prend pas de risque avec les enfants, qu’ils soient autistes ou qu’ils aient un trouble de comportement. « Lorsqu’on va à la piscine, la majorité porte un gilet de sauvetage », dit la responsable Sylvie Brunet.
AFG remercie nos amis québécois de nous avoir transmis cet article qui témoigne de leur engagement au qutidien pour les enfants autistes, et nous les félicitons pour cette initiative. Si en France, l’équivalent de ces camps de jour (les centres de loisirs français, colonies de vacances spécialisées ou pas, ...) pouvaient accepter de former les animateurs aux spécificités de la prise en charge de l’autisme, ce serait formidable. Pour autant, c’est possible. Par exemple, les deux centres Loisirs Pluriel à Paris ont suivi une formation spécifique à l’autisme. C’est donc possible. Tout le monde y a été gagnant, les jeunes accueillis, les animateurs, premiers bénéficiaires, mais aussi la ville de Paris qui finance le fonctionnement, les familles, la Fédération Loisirs Pluriel et l’association locale responsables du fonctionnement.