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  Autisme et croissance du périmètre cranien

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La croissance accélérée de la tête prédirait l’autisme avant l’apparition des symptômes comportementaux

Selon une nouvelle recherche menée à l’Autism Center de l’University of Washington, les enfants autistes possèdent une tête de taille normale à la naissance mais développent une croissance accélérée de la tête entre l’âge de 6 et de 9 mois, une période qui précède l’apparition de plusieurs comportements permettant aux médecins de diagnostiquer le trouble développemental.

D’après Sara Webb, qui dirigea l’étude, celle-ci indique également que cette croissance aberrante se présente chez des enfants chez qui l’autisme apparaitra très tôt, de même que chez ceux qui seront plus tard diagnostiqués d’un type régressif du trouble.

“Nous savons qu’il existe un certain nombre de facteurs de risque de l’autisme, et si nous pouvons les indiquer, nous aurions de meilleurs moyens d’identifier les enfants à risque et de les introduire à la prévention ou au contrôle,” expliqua Webb, professeur assistant de recherche de psychiatrie et de sciences comportementales à UW.

“Ce taux anormal ou accéléré de croissance du pourtour de la tête est un marqueur biologique de l’autisme. Elle survient avant l’apparition des symptômes comportementaux à l’âge de 12 mois, tels que l’incapacité des enfants à répondre lorsqu’on les appelle par leurs prénoms, le fait qu’ils soient préoccupés par certains objets, ne pas indiquer les objets, un manque d’intérêt pour les autres personnes et l’absence de babillage.

“Toute seule, la croissance de la tête n’est pas un indicateur d’autisme,” indiqua-t-elle, “car les enfants grandissent et le développement varie de l’un à l’autre. Néanmoins, si l’on remarque cette croissance, ainsi que d’autres symptômes, il faudrait alors impérativement recourir aux examen.”

Elle ajoute qu’il est important de comprendre que les données utilisées dans cette étude sont basées sur trois mesures effectuées durant les trois premières années de la vie et non à un point précis dans le temps. Afin me mener l’examen à bien, les chercheurs obtinrent les dossiers médicaux de 28 garçons qui avaient été diagnostiqués de troubles du spectre autistique entre l’âge de 3 et 4 ans à l’Autism Center de l’UW et ceux de 8 garçons souffrant d’un retard développemental. Tous les garçons participaient à une étude longitudinale plus large.

Les mesures de la tête de l’enfant sont prises régulièrement par les pédiatres durant les 18 premiers mois, mais ne sont plus prises de manière fiable après cet âge-la. Le pourtour de la tête est calculé à partir des sourcils, ou accents au dessus des yeux, jusqu’à la protubérance osseuse à l’arrière du crâne puis de retour aux sourcils. Trois mesures, y compris à la naissance, étaient nécessaires pour schématiser la croissance de chaque enfant et pour la comparer à la série de développements normaux.

Webb expliqua que, dans la plupart des cas, les parents auront du mal à détecter la croissance anormale car il existe toute une gamme de tailles de tête normales. Près de 20% des enfants autistes possèdent de très grandes têtes, ou ce que l’on appelle macrocéphalie.

“Certains des enfants participant à notre étude débutèrent avec une très petite tête et leur développement s’accéléra plus tard. Nous cherchons la croissance disproportionnée chez les enfants en comparaison avec le reste du corps. Dans cette étude, près de 60% des enfants autistes présentèrent une croissance accélérée, mais seuls 6 enfants remplirent les critères de la macrocéphalie.”

Webb indiqua que ces informations doivent être utilisées par les pédiatres afin de dépister les enfants et de les soumettre tôt plutôt que tardivement à l’évaluation et à la prévention avant le développement d’autres symptômes. Les chercheurs de l’UW envisagent d’effectuer une exploration supplémentaire des implications de la taille anormale de la tête dans le cadre d’une étude plus large de prévention de l’autisme venant de commencer et portant sur 200 enfants à haut risque. Ces enfants ont des frères et sœurs plus âgés déjà décrétés autistes et ont eux-mêmes 1 chance sur 5 de développer le trouble qui comporte la composante génétique. Le risque d’autisme typique concerne actuellement une personne sur 150.

Une première étude effectuée à l’Autism Center de l’UW par sa directrice-fondatrice Geraldine Dawson, révéla que la croissance accélérée de la tête chez les enfants autistes ralentit à l’âge de deux ans, coïncidant avec une période d’aggravation des symptômes de l’autisme.

Source : University of Washington - "EurekAlert !, a service of AAAS" - InformationHospitaliere.com