AFG a été créée le 11 février 2005. Depuis, AFG a grandi et a structuré son organisation malgré les vents et marées pour arriver 5 ans plus tard, à 300 jeunes autistes accueillis au sein de 9 établissements ou services, tout ceci sans coût financier pour les familles qui en bénéficient. Ce chemin ne s’est pas fait sans heurt, sans jalousies, sans faire des envieux qui voulaient s’accaparer du travail des autres, mais les difficultés n’ont guère d’importance. Ce qui compte c’est le résultat et le bilan 5 ans après. Ce bilan est très positif. Le chemin parcouru et la qualité du travail accompli par les équipes des 9 établissements et du siège d’AFG en lien étroit avec les familles ont permis soit d’améliorer les prises en charges existantes mais pas toujours pérennes, soit de créer une grande partie de ces 300 places. Donc un grand merci à tous ceux qui ont oeuvré, de près ou de loin à la progression d’AFG, qu’ils soient parmi les familles et leurs jeunes accompagnés ou accueillis, les salariés, les partenaires extérieurs, les bénévoles qui interviennent directement auprès des jeunes car nous en avons dans plusieurs établissements, ou enfin parmi nos administrateurs. Je tiens à remercier tous ceux qui nous sont restés fidèles, tous ceux qui sont restés fidèles aux idéologies portées par AFG.
Pour autant, malgré ces éléments positifs, le travail qui nous reste à accomplir est colossal. Les familles sans solution réellement adaptée se comptent par milliers, et tout particulièrement sur la partie des personnes autistes adultes où le manque de réponses est cruel. Pour exemple, sur un petit secteur qu’est l’Ile de France, le taux d’équipement pour les enfants est un peu en dessous des 10 % des besoins aux vues des chiffres de la prévalence de l’OMS (*) pour les adultes, nous sommes sur le même secteur géographique à moins de 2 %. (source : chiffres au 31/12/2009 du Comité Technique de l’Autisme d’Ile de France de janver 2010).
(*)puisque bon nombre ne sont pas diagnostiqués, car à quoi bon diagnostiquer, pourrait-on se dire, si derrière les familles n’ont pas de solution ? autant faire la politique de l’autruche ! ça tombe bien on n’a pas d’argent pour financer ces besoins pourtant réels)
La France a été condamnée devant le Conseil de l’Europe pour manque d’éducation à l’égard des personnes autistes et depuis cette condamnation de 2003, le suivi du Conseil ne peut que constater que le compten’y est pas et l’Etat n’a pas apporté la preuve d’une réponse effective même si ses textes légaux et réglementaires ont évolué.
Hasard du calendrier, la Loi du 11 février 2005, votée le même jour que la création d’AFG, porte aujourd’hui un bilan qui met moins en exergue un tel bilan. Certes des progrès ont étés faits, en particulier pour la scolarisation des moins lourdement handicapés, mais pour autant l’esprit n’a pas encore franchement inversé l’idée d’inclusion, et à défaut d’éducation spécialisée. On reste dans la scolarisation et non dans l’éducation.
Voici un article de La Gazette Sociale sur ce sujet :
Le texte de la Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, votée le 11 février 2005, va fêter son 5ème anniversaire
Un bilan décevant
Le 11 février 2010, la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, votée le 11 février 2005, va fêter son 5ème anniversaire. Une grande loi, unanimement reconnue comme telle, qui se veut fondatrice et ambitieuse.
Visant à organiser de manière systématique l’accès des personnes handicapées au droit commun, elle apporte de nombreux changements (prestation de compensation, compléments de l’AAH, maisons départementales du handicap, accessibilité, obligation d’emploi en milieu ordinaire, ressources en milieu protégé...).
Les associations mécontentes
Par rapport aux ambitions initiales affichées, la déception, cinq ans plus tard, apparaît d’autant plus grande. Très remontées, les associations qualifient les orientations actuelles de « régressions sociales ». Car au-delà des retards et des négociations difficiles sur certains décrets d’application, de retours en arrière ou de manque de moyens périodiquement dénoncés, elles déplorent encore plus « la perte de l’esprit de la loi ».
Ainsi, le Comité d’entente des associations représentatives de personnes handicapées et de parents d’enfants handicapés, qui regroupe pas moins de 66 organisations, s’est insurgé, ces dernières semaines, auprès des pouvoirs publics, de diverses mesures prises - ou en voie de l’être - « sans aucune concertation » : tentative de dérogations au principe d’accessibilité, report de six mois de la majoration de la contribution à l’Agefiph pour les entreprises qui n’ont aucune action pour l’emploi des personnes handicapées, remise en cause du plan personnalisé de compensation, projet de modifications du calcul de l’allocation aux adultes handicapés ayant des revenus d’activité professionnelle...
Retard sur la mise en accessibilité
En matière d’accessibilité, à mi-chemin de la mise en accessibilité complète [2015, ndlr], le retard reste important. Le gouvernement a tenté à plusieurs reprises, ces derniers mois, d’étendre le champ des dérogations, y compris pour le cadre bâti neuf.
Les plus hautes juridictions, le Conseil d’Etat en juillet 2009, et le Conseil constitutionnel, en décembre 2009, ont rejeté ces tentatives. Même si l’issue est heureuse, le mal est fait, avec une suspicion plus forte que jamais des associations qui ne font plus confiance à l’Etat pour impulser une réelle politique d’accessibilité universelle.
Et ce n’est pas fini. En effet, le gouvernement ne se résout pas à l’impossibilité d’instituer des dérogations à la mise en accessibilité. Dans un texte en préparation sur le logement, il prévoirait notamment des dérogations à l’accessibilité, qui pourraient concerner la construction de logements étudiants ou de logements pour les saisonniers.
De leur côté, les communes, globalement très en retard sur ce chantier de l’accessibilité, jugent plus que jamais 2015 comme un objectif inatteignable. Du coup, l’Association des maires de France (AMF) envisage de demander un report de ce délai au gouvernement.
Installation du CIV
5ème anniversaire de la loi Handicap oblige, le gouvernement installera cette semaine l’observatoire de l’accessibilité, le 9 février, et le Comité Interministériel du Handicap (CIH), le 11 février. Le CIV, qui remplace la Délégation interministérielle aux personnes handicapées, et est présidé par le Premier ministre, affiche l’ambition de renforcer la cohérence interministérielle et la transversalité des politiques du handicap (santé, médico-social, emploi, accessibilité...).
En matière d’emploi, le symbole du report de six mois de la sur-contribution Agefiph est fort. L’APF tient à souligner que les entreprises disposaient de 5 ans pour se préparer à cette échéance ; et qu’il suffit aux entreprises de conclure - a minima - un contrat de sous-traitance avec des entreprises adaptées.
« Politique d’impulsion sociale »
Satisfaites que la France ait ratifiée, fin 2009, la convention des Nations Unies pour les droits des personnes handicapées, les associations demandent au gouvernement « d’appliquer les principes et valeurs d’égalité pour tous ». A mi-parcours de l’échéance de 2015, il est jugé urgent de « mettre en place une réelle politique d’impulsion sociale pour tous les domaines liés au handicap, et de respecter les engagements pris en 2005, et toujours réaffirmés depuis ».