Valérie Létard, sénatrice du Nord, a remis à Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, et à Marie-Anne MONTCHAMP, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, son rapport sur l’évaluation du plan autisme 2008-2010, demandé en avril 2011.
Dans son rapport, Valérie LÉTARD dresse un bilan positif de la mise en œuvre du plan autisme et souligne les nombreuses avancées. Elle invite cependant à relancer la dynamique et propose 50 mesures, visant à :
Mettre fin au parcours du combattant des familles,
en améliorant encore le dépistage et le diagnostic précoce, la coordination entre tous les acteurs
en poursuivant nos efforts pour développer également des accompagnements adaptés, en privilégiant la reconversion de structures sanitaires ou le redéploiement au sein de structures médico-sociales existantes
Améliorer la formation des professionnels et des familles,
Développer les actions de sensibilisation, ce que permettra l’attribution du label grande cause nationale à l’autisme,
Renforcer le pilotage du plan, qui pourrait être confié au secrétaire général du comité interministériel du handicap.
Elle invite par ailleurs à intensifier nos efforts en particulier sur la recherche et à réactiver le comité national de réflexion et de concertation du plan, composé d’associations, de scientifiques, de représentants des familles, de professionnels et de parlementaires.

Roselyne BACHELOT-NARQUIN et Marie-Anne MONTCHAMP ont remercié Valérie LÉTARD pour la qualité de son travail et son engagement sans faille au service de nos concitoyens en situation de handicap.
Le Premier ministre recevra les associations du collectif « ensemble pour l’autisme » prochainement et précisera les suites que le gouvernement entend donner.
Rapport de Madame Valérie Létard, Ancienne Ministre, Sénatrice du Nord
Comprendre les difficultés de sa mise en oeuvre pour mieux relancer la dynamique
Source : www.solidarite.gouv.fr
Quelques commentaires d’AFG :
Plus de 400.000 personnes autistes en France, mais pas assez de places d’accueil. C’est une des conclusions du bilan du plan autisme 2008-2010 cité supra.
Le plan programmait 4.100 places (dont 2.000 pour les adultes) sur 2008-2014.
A fin 2010, 342 places avaient été réellement installées pour les adultes et 1.330 pour les enfants, relève ce rapport de Valérie Létard.
700 places supplémentaires pour adultes sont « autorisées » par l’administration (mais les crédits nécessaires ne sont pas forcément encore débloqués) pour la période allant jusqu’en 2013, précise le rapport. 530 places de plus pour les enfants sont autorisées pour cette même période, mais pas davantage financées en totalité.
En 2008, on estimait que 3.500 enfants ou adultes étaient placés en Belgique, en raison du déficit d’accueil en France.
« Il était impossible » de respecter le calendrier
Plus largement, Valérie Létard observe que « l’opposition entre des conceptions de nature essentiellement psychanalytique, portées par une large proportion de psychiatres, et la demande pressante exprimée par les associations de familles, d’un recours aux approches éducatives et thérapeutiques » n’est pas encore surmontée. Lors de la journée parlementaire du 12 janvier 2012, tant Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN que Madame Valérie LÉTARD ont clairement condamné certaines pratiques d’approche psychanalityque, et tout particulièrement le Packing qui devait être formellement interdit comme l’a demandé le député du Morbihan, Gwendal Rouillard.
Mais là encore nous avons à faire face au lobbing psykk qui est encore très présent et qui empêche des arbitrages pour ne pas perdre du terrain face aux approches éducatives structurées (TEACCH et ABA) !
Du coup, « la France connaît, par rapport à de nombreux pays, en particulier les pays anglo-saxons et d’Europe du Nord, un retard important dans l’approche de ces troubles et par voie de conséquences dans la mise en place de méthodes d’accompagnement et éducatives adaptées ».
Revenant plus précisément sur les mesures du plan, Valérie Létard estime qu’ « au vu de l’ampleur de certains aspects du plan, de leur imbrication, de leur nécessaire intégration dans des politiques publiques transversales (logement, emploi, éducation) et de leur forte dimension culturelle et sociale, il était impossible de les réaliser toutes dans le calendrier prévu par le plan ».
Le plan doit être « relancé »
Elle évoque néanmoins de « réelles avancées » concernant la validation des connaissances scientifiques sur l’autisme ou « l’introduction des méthodes éducatives » dans la prise en charge. Elle suggère donc de « relancer » le plan, notamment en améliorant la prise en charge des adultes, la formation des personnels et des familles ou encore la recherche.
On estime qu’il y a en France plus de 400.000 personnes atteintes de syndrome autistique au sens large, selon la Haute autorité de santé (HAS). L’autisme a été désigné « grande cause nationale » 2012, espérons que cela permettra de mieux faire connaitre les besoins des personnes autistes qui sont handicapées, mais qui ne sont pas "malades", d’où l’importance de donner au secteur médico-social les moyens d’un accompagnement digne des droits fondamentaux.